Il est comment le dernier Arnaldur Indridason?

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Bof bof! Malgré sa 2e place dans le top-cinq des ventes de polars et des articles de presse élogieux moi, je n’ai pas accroché aux Nuits de Reykjavik. L’histoire? L’auteur revient sur les débuts dans la police du commissaire Erlendur, à l’époque où il travaillait la nuit et s’occupait surtout d’alcoolisme et de violence conjugale. A 28 ans, Erlendur est déjà sombre et taciturne et enquête pendant ses temps libres sur une mort restée inexpliquée, celle d’Hannibal, un clochard retrouvé noyé dans une mare. Sa perspicacité le fait remarquer par la Criminelle…  Le souci? J’ai trouvé l’enquête longue, poussive, ennuyeuse même. Arnaldur Indridason soigne comme toujours l’atmosphère de ses romans, mais je me demande si le meilleur de ses livres n’est pas derrière lui. Je veux parler de La femme en vert, une histoire terrifiante de violence conjugale, à la fois plus nerveuse et poignante. Domamge, mais ce n’est que mon avis bien sûr!

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason, Métalié

Dossier 64

Il ne m’a pas fallu trois jours pour avaler cette brique de 600 pages. Mais il faut dire que je lisais tout le temps. Dans le bus, dans la rue, en cuisinant, en m’endormant, en travaillant ou presque. Pas moyen de m’en empêcher.
Le pitch? Au département V qui s’occupe des cold cases ou affaires classées, l’attention de Carl Mock et de ses assistants, Rose et Assad, est attirée par un meurtre vieux de 25 ans. En enquêtant l’équipe va mettre à jour, le destin de Nette, jeune femme qui lors d’un avortement clandestin est stérilisée contre son gré et celui de Curt Wad, médecin aux sombres méthodes désireux d’éradiquer du peuple danois « tout élément douteux ». On l »aura compris, cette quatrième enquête du Département V (après Miséricorde, Profanation et Délivrance tous parus au livre de poche) se base, sur fond d’extrême-droite, sur un fait de société réel qui a bouleversé le Danemark. L’enquête est plutôt classique, on sait très vite qui est le meurtrier. Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui compte vraiment, c’est le destin tragique de ces jeunes filles dont on a brisé la vie pour une idéologie plus que contestable.
Dossier 64, Jussi Adler Osen, Albin Michel

Vous avez dit surhomme?

C’est plutôt une lecture de mec, mais conseillée par Marc Filipson, le patron de la librairie Filigranes, je me suis plongée coup sur coup dans les trois volumes que compte cette trilogie – Le projet Bleiberg, le projet Shiro et le projet Morgenstern – et je n’ai pas été déçue. Ce qu’on y trouve? De l’espionnage, dans la plus pure tradition du genre, beaucoup de coups de fusil et de couteau… et une solide documentation historique et scientifique. Le héros principal? Eytan Morgenstern, un géant infatigable, aux forces inégalées, agent du Mossad, en guerre soixante ans durant contre le mystérieux Consortium mais aussi chasseur de nazis. Son histoire? Petit Polonais juif, capturé par les nazis, il subit les douloureuses expériences du Docteur Bleiberg, qui faisait alors des recherches sur le surhomme. Et il fut le seul à y survivre… Plongez-vous-y sans hésiter c’est particulièrement addictif. Les trois volumes sont de qualité égale, le tout est très habilement mené sans oublier des touches humoristiques et des personnages attachants.
Le projet Bleiberg, Le projet Shiro, Le projet Morgenstern, David S. Khara, éditions Citric (Les deux premiers volumes sont également parus chez 10/18).
 

Valentin, l’autre Musso

J’ai assisté dans le courant du mois de novembre, chez Filigranes, à la présentation du dernier livre de Valentin Musso, Le murmure de l’ogre (Seuil). Frappée par l’intelligence de ses propos et par sa culture j’ai eu envie de me plonger dans un de ses thrillers et j’ai commencé par Les cendres froides (Points) qu’il m’a d’ailleurs gentiment dédicacé. L’histoire? A la mort de son grand-père médecin, Antoine Cochet découvre, parmi des milliers de bobines, un film le montrant dans les années 40 auprès d’un lieutenant SS et d’une dizaine de femmes enceintes de type aryen. Intrigué et effrayé, Antoine se lance dans des recherches prouvant que son grand-père a travaillé pendant la guerre dans un lebensborn, une clinique spécialisée dans la sélection raciale. Parallèlement à ses découvertes, le meurtre d’une vieille dame est commis tout près de la maison du grand-père. Quant à Antoine, il a également fort à faire avec sa soeur dépressive…
Les deux points forts du livre sont d’une part le thème des lebensborn, peu connus si l’on n’est pas un spécialiste de la Deuxième Guerre mondiale et d’autre part le lourd secret de famille, ressort de l’intrigue. Quant aux personnages, je les ai trouvés trop froids et distanciés pour m’émouvoir de leur sort, mais c’est à mon avis le seul défaut de ce livre avec lequel j’ai passé un bon moment.
N.B.: Valentin est bien le frère de Guillaume Musso, mais leurs livres n’ont absolument rien à voir les uns avec les autres. Et c’est Valentin qui sort largement gagnant de la comparaison!

Orgueil et prejuges, suite et deception

En adoratrice assumée du chef-d’oeuvre de Jane Austen, Orgueil et Prejugés, je ne pouvais qu’être tentée par cette suite imaginée par P.D. James, une des reines du polar anglais. Six ans ont passé depuis le mariage de Darcy est Elizabeth. Le couple est heureux et a deux beaux enfants, jusqu’a ce qu’a la veille du grand bal qu’ils vont donner a Pemberley, un homme est retrouve assassiné dans le parc du château…
La presse a unanimement salué ce livre… et moi j’ai été très déçue. PD James glisse a merveille sa plume dans le style de Jane Austen, de ce point de vue-la, pas de soucis. Mais a part ca, que d’ennui. On ne trouve rien de la description tres étudiée de la situation sociale profondément injuste des femmes qui constitue un des grands intérêts de Jane Austen. Rien non plus de la tension amoureuse qui rend chacun de ses livres aussi palpitants. Quant a l’intrigue policière, je l’ai trouvée plus que moyenne. Mon conseil: relisez Jane Austen, la vraie et l’unique.
NB1: j’ai lu ce livre en version électronique et c’est plutôt pratique à la plage:pas de sable, ni de crème solaire sur les pages.

Coup de gueule

Comment est-il possible que l’excellente maison d’édition Actes Sud – qui accueille entre autres Paul Auster, Laurent Gaudé, Nancy Huston, sans oublier Stieg Larson et son cultissime Millenium – ait pu publier un livre aussi mal traduit, aussi peu corrigé? Le texte de La Princesse des glaces est si mal torché que ça en gêne la lecture. Comment-est-il possible qu’un polar aussi mou ait pu rencontrer un tel succès? Les voies qui mènent à la réussite sont vraiment complexes! En tout cas la preuve est faite ici qu’il ne suffit pas d’être suédois comme le Stieg Larson susmentionné pour écrire de bons livres. Après un tel préambule, vous voulez un résumé de l’intrigue? Voici. Dans une paisible petite ville de pêcheurs, Erick découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance perdue de vue depuis longtemps. L’enquête qu’elle va mener avec son amoureux policier révèlera de très sombres secrets… Je l’ai lu jusqu’au bout parce que j’avais envie de connaître le dénouement de l’histoire, mais franchement, vous pouvez sans problème vous épargner cette peine.
La princesse des glaces, Camilla Lackberg, Actes Sud et Babel

Le nouveau Connelly

Dans les grandes surfaces, on trouve d’aussi grosses piles de Volte-face que des derniers romans roses de Lévy ou Musso. Ce qui n’empêche pas le dernier opus de Michael Conelley d’être de loin meilleur que ces deux derniers!
Jason Jessup, sort de prison après 24 ans. Il y était incarcéré pour le meurtre d’une petite fille de 10 ans mais il doit être rejugé pour vice de forme. Alors que le jour, se conformant à son rôle, Jason joue au prisonnier qui retrouve la liberté, la nuit, il se prête à d’étranges activités…  Grand avocat de la défense, Mickey Haller est très surpris lorsque le procureur du comté de Los Angeles lui demande de plaider pour l’accusation. Certain de la culpabilité de Jason, il prend le génial (et récurrent) Harry Bosch comme enquêteur et son ex-épouse, Maggie McPherson, comme assistante. Ce trio détonnant parviendra à déjouer le mystère qui plane sur le crime de Jason Jessup. Passionnant, Volte-face est autant le récit d’une enquête policière que d’un procès. Et si le cœur battant est un gage de réussite des polars, celui-là devait être très bon, parce que chez moi, ça cognait fort!

La cinquième femme

Mes copines très littéraires, s’étonnent et. me demandent souvent pourquoi je lis des polars. Non pas bien sûr, parce que j’aime la violence, au contraire je dors souvent mal après leur lecture. Mais plutôt parce que je ne connais rien de mieux pour vous arracher à la vie et aux soucis (et pour le moment j’en ai pas mal) que ces enquêtes policières. Une fois le livre commencé, impossible de le lâcher. Et puis il y a aussi le côté « les pièces de puzzle qui s’emboîtent » qui me fascine. Il faut certainement avoir l’esprit bien structuré pour être capable d’en écrire.
Et la cinquième femme dans tout ça? C’est du bon, du tout bon polar. L’inspecteur Wallander est confronté à 3 meurtres particulièrement cruels . Leur point commun? Leurs victimes sont des hommes violents avec les femmes. Et l’enquête s’annonce dès le départ très complexe, nous emmenant d’abord sur la piste de mercenaires se vendant au plus offrant. C’est cérébral plus que gore (heureusement parce que ça, je déteste!), sur fond de dérive sociale de la Suède. Fait de phrases courtes et répétitives, le style est haletant. Une chose est sûre, c’était le premier livre que je lisais d’Henning Mankel mais pas le dernier!

Le polar qui aime les livres

Amateurs de thrillers nerveux, passez votre chemin. Si, par contre, vous ne dédaignez pas les enquêtes qui prennent leur temps et surtout les réflexions sur les livres, restez ici!
A Copenhague, il existe une charmante librairie de livres anciens au nom italien: Libri di Luca. Son propriétaire, Luca Campelli , meurt brutalement… en lisant! Son fils Jon découvre que son père était à la tête d’une société de Lettore qui avaient l’étrange pouvoir d’influencer la lecture des autres, souvent d’une façon merveilleuse mais parfois allant jusqu’à la mort. Jon pense très vite que son père a été assassiné mais pourquoi et par qui? Aidé dans ses recherches par une jolie Lettore rousse, ses tribulations le mèneront jusqu’en Egypte.
J’ai adoré l’idée de départ de ce roman: vous vous imaginez, vous êtes installé dans un bus, vous lisez un roman et tout à coup celui-ci prend vie devant vos yeux ébahis, des images fabuleuses naissent de votre texte, changeant vos opinions ou votre idée de la vie. Voilà un étrange chemin auquel peut nous mener la lecture… D’un point de vue strictement policier, si je puis dire, ce n’est pas le meilleur que j’ai lu, les situations sont parfois par trop rocambolesques. Mais j’ai toutefois passé un très bon moment en le lisant. Une belle idée lecture pour ce weed-end que je vous souhaite excellent.
La librairie des ombres, Mikkel Birkegaard, 10/18

Adieu Jérusalem

C’est d’abord le titre et le thème de ce livre qui m’ont attirée: un roman de politique-fiction (bien plus qu’un thriller ou qu’un policier d’ailleurs) qui prévoit la chute de Jérusalem, diantre, rien que ça. Et puis la quatrième de couverture était bien alléchante: trois pélerins russes introduisent la peste à La Mecque, les malades et leurs proches hurlent au complot juif, ce qui , en cascade, occasionne des troubles graves en Israël. Ce que j’ai aimé: le livre  m’a fait penser aux écrits de Lapierre et Collins: une multitude de personnages et de lieux, au même moment, des chapitres courts qui retiennent l’attention, tout cela fonctionne très bien. L’auteur connaît  bien Israël, et ses personnages du vieux président démocrate, du mafieux russe, et de l’intellectuel de gauche sont très ressemblants.(On reconnaît d’ailleurs sans trop de problème Shimon Peres, Avigdor Lieberman,et Zeev Sternhel.) Le commissaire de police, un Arabe israélien, est, lui, très émouvant. Ce qui m’a moins plu: la situation décrite, comme les personnages sont très intéressants et méritaient d’être plus développés. J’ai eu l’impression que tout n’était qu’effleuré… Bon, je ne bouderai pas mon plaisir, j’ai passé un bon moment, mais quand même, je suis restée sur ma faim.
Adieu Jérusalem, Alexandra Schwartzbrod, Le Livre de Poche