Une femme en contre-jour

Qu’est-ce que j’aime Gaëlle Josse! Sa façon de raconter, pudique, délicate, empreinte de sensibilité. De se pencher sur les destins d’inconnus qu’elle sort de l’oubli. Sa femme en contre-jour, c’est Vivian Maier, une formidable photographe née en 1926 à New York et restée totalement inconnue de son vivant. Tout est effroyablement romanesque dans sa vie, de son enfance fracassée à son travail de bonne d’enfants dans de riches familles, portant toujours son appareil photo autour du cou, tel un compagnon indispensable.

Dans quelle noirceur a-t-elle pu puiser son attention aux pauvres, aux démunis, aux enfants dépenaillés dont elle tire des portraits à la fois justes et poignants? Des clichés qu’elle prend sans relâche, sans presque jamais les voir: elle n’a pas assez d’argent pour les faire développer et les négatifs dorment dans ses caisses. Une vie qui témoigne du tragique et de la nécessité de l’art, malgré la pauvreté et les obstacles.

Quant à l’histoire de sa découverte, après sa mort, elle est tellement rocambolesque que personne n’aurait pu l’inventer!

Gaëlle Josse a le ton juste pour raconter son personnage, cette femme sauvage et libre, si réelle qu’on a l’impression de toucher du doigt. A la fin de son livre, elle évoque le questionnement qui l’a parcourue en écrivant, et ça, ça me passionne toujours.

Plongez sans attendre dans l’histoire de Vivian Maier, partez sur ses traces à New York et Chicago. Vous n’en sortirez pas indemne. (Je suis d’ailleurs en train de traquer ses photos sur Internet!)

Gaëlle Josse, Une femme en contre-jour, Notabalia

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