Les gratitudes

Comment ne pas avoir envie de prendre Mishka dans ses bras? Cette vieille dame, autrefois correctrice dans un grand magazine, perd de plus en plus ses mots – quelle ironie – et sa mobilité. Alors qu’elle ne peut plus rester seule chez elle, elle est placée dans un EPHAD, une maison de repos. Marie, sa quasi-fille lui rend régulièrement visite, ainsi que Jérôme, l’orthophoniste, qui s’attache à elle.

Delphine de Vigan décrit avec pudeur et une immense délicatesse la vieillesse, la fragilité qui touche les nôtres et nous attend tous. Elle parvient même à nous faire sourire de la perte du langage qui pour Mishka est une véritable descente aux enfers. Quand merci devient merdi, quand à chaque jour suffit sa peine devient à chaque jour suffit sa chaîne, et quand même ces derniers mots disparaissent, la vie a-t-elle encore un sens?

Mais prenons Merci justement ou plutôt merdi, l’expression d’une vraie gratitude, le thème du livre. Avant de partir, Mishka voudrait remercier le couple qui l’a cachée pendant la guerre alors qu’elle était une petite fille de trois ans. Et jusqu’à présent, ses recherches n’ont rien donné…

C’est toujours la même chose, quand je suis profondément bouleversée par un livre, je peine à trouver les mots. Bon, j’ai essayé… Et j’ajouterai juste qu’il faut faire lire Les Gratitudes autour de vous, même aux enfants à partir de 12 ans, qu’il est surtout et à plusieurs échelons, une magnifique leçon d’amour et d’humanité, qu’il fait couler les larmes et redonne le sourire.

Les Gratitudes, Delphine de Vigan, JC Lattès

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.