La troisième Hemingway

Une femme aussi exceptionnelle que Martha Gelhorn méritait un livre extraordinaire, pas un récit sage et, somme toute, assez conventionnel de sa vie commençant par sa rencontre avec Ernest Hemingway et se terminant par leur divorce.

Elle a 28 ans quand sa vie croise celle de l’écrivain. Elle écrit déjà et l’admire beaucoup. Elle se cherche, ne voulant pas rentrer dans le rang et se marier, ne sachant pas très bien quoi faire de sa fébrilité et de sa vie. Au début, ces deux-là sont amis. Ils se rejoignent en Espagne en 1936, pendant la guerre civile. Une guerre qu’elle couvre en tant que journaliste, écrivant alors ses premiers reportages.

Très vite, ils deviennent amants, se réfugiant dans une grande maison à Cuba alors qu’Hemingway est encore marié à sa seconde épouse – il en aura quatre en tout. Il écrit « Pour qui sonne le glas », le publie, et à partir de là, ils ne seront presque plus jamais seuls, l’écrivain se plaisant dans sa très grande célébrité.

Elle étouffe, part couvrir d’autres conflits dans le monde. Il déteste la solitude et le lui reproche. Ils se séparent en 1945 après s’être tant aimés et tant déchirés.

Martha Gelhorn est une femme absolument passionnante et très moderne pour son temps. Elle est par exemple, la seule femme à couvrir le Débarquement en Normandie, un exploit pour l’époque. Elle passera sa vie à arpenter les quatre coins de la planète, à écouter les gens simples lui parler de leur guerre ou de leur existence et travaillera jusqu’à plus de 80 ans.

Le livre est bien écrit et bien traduit, également fouillé et bien documenté, mais il lui manque ce petit plus, cette étincelle qui rend un ouvrage inoubliable.

La troisième Hemingway, Paula McLain, Presses de la Cité.

Les plus

Héros exceptionnels
Bien écrit

Le moins

Récit trop conventionnel
M’a un peu ennuyée (j’avoue, j’ai passé des pages!)