La plus précieuse des marchandises

Une citation: « En vérité, les jumeaux s’étaient d’abord manifestés au pire instant, au printemps 1942. Etait-ce le moment de mettre au monde un enfant juif? Pire deux enfants juifs d’un coup? Fallait-il les laisser naître ainsi sous une bonne étoile jaune? »

Une image: un père jette son bébé par la lucarne d’un train de marchandises.

Une scène: une petite fille juive survit grâce aux soins d’une pauvre bucheronne et à du bon lait de chèvre.

Ma chronique: Si vous avez vu, comme moi l’émission La grande librairie du 20 février, vous n’avez pu qu’être ému, bouleversé même par les propos d’un homme: Jean-Claude Grumberg. Auteur célébré de nombreuses pièces de théâtre, de scénarios de film, il a choisi de parler du sort des Juifs pendant la Deuxième Guerre, sous forme de conte. Un conte tragique, cruel et triste. Sans bonne fée, où seule point une minuscule lueur d’espoir. Une centaine de pages, pas plus d’une heure de lecture, mais si intense, si tendue, que j’ai refermé puis rouvert le livre à plusieurs reprises. Avec une extrême économie de moyens La plus précieuse des marchandises évoque le Mal mais aussi ceux qui sauvent, parfois malgré eux. Une manière d’exorciser le passé qui brûle de son auteur. C’est un livre à mettre entre toutes les mains, même celle des jeunes lecteurs. Un livre à offrir, à distribuer autour de soi, tant et plus.

La plus précieuse des marchandises, Jean-Claude Grumberg, Seuil

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