Marina Tsvetaïeva, mourir à Elabouga

On imagine mal aujourd’hui le grand degré de misère et de souffrance auxquels ont été confrontés les écrivains russes dans les années post Révolution et pire encore sous le règne de Staline où les intellectuels, entre autres, ont été décimés.

Marina Tsvetaïeva, une immense poétesse est de ceux-là. Découverte à 17 ans, fille de relations du tzar, femme d’un Russe blanc, rien ne lui sera épargné. Ni la mort d’une petite-fille de 3 ans suite à la famine, ni la plus atroce pauvreté. Pour s’échapper, ne fût-ce qu’un instant, qu’elle soit à Moscou, ou en exil à Berlin, Prague ou Paris, elle a l’écriture de ses poèmes et ses multiples amours, réelles ou imaginaires. Il suffisait qu’un homme, critique, écrivain, éditeur, lui dise qu’il avait aimé ses poèmes pour qu’elle en tombe immédiatement amoureuse, l’inondant alors de missives, très belles, mais souvent étouffantes. Les plus célèbres de ses correspondants sont Pasternak (l’auteur du Dr Jivago) et Rilke (Lettres à un jeune poète). Gallimard les a d’ailleurs publiées (Correspondance à trois).

En retraçant la vie de Marina Tsvetaïeva, Vénus Khoury Ghata – à qui l’on doit déjà un récit consacré à Ossip Mandelstam, son contemporain – nous donne à voir un monde noir ou seul surnagent les beautés de l’esprit et des écrits. Son texte court et haletant, bien documenté, met en évidence une femme exceptionnelle, au tempérament de feu, qui eut tant d’amours qu’on a parfois du mal à suivre.

Et puis, il y a le tragique du retour en Russie, où mari et fille, se voient déportés et où de douleur et de misère, Marina finit par se pendre à 39 ans.

Marina Tsvetaiëva, Mourir à Elabouga, Vénus Khoury Ghata, Mercure de France

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Période historique
Personnage hors normes
Sens du rythme et belle écriture

Le –
Ca va un peu trop vite!