De si bons amis

Un nouveau livre de Joyce Maynard? Je me précipite. L’auteure américaine m’avait déjà bouleversée avec ses romans Long week-end et Filles de l’ouragan, entre autres, comme avec ses formidables textes autobiographiques Et devant moi le monde, et Un jour tu raconteras cette histoire, tous parus aux Editions Philippe Rey.

 

Amitié perverse

Dans De si bons amis, elle nous montre comment l’amitié peut parfois être perverse. Quand Helen rencontre Ava et Swift, elle est au plus mal. La garde de son fils de 8 ans lui a été retirée et elle vivote grâce à de petits boulots. Très surprise que ce couple richissime s’intéresse à elle, la prenne sous son aile, elle leur consacre bientôt tout son temps libre. Mais ce qui commence comme une belle histoire déraille un an plus tard. Helen se rend alors compte à ses dépens que toute sa vie, professionnelle, amicale, amoureuse, et même familiale tournait autour d’Ava et Swift.

Finesse psychologique

Elle sait s’y prendre Joyce Maynard pour écrire des romans beaux, émouvants et qui nous tiennent en haleine. Ce qui frappe, c’est l’extrême finesse psychologique avec laquelle elle décrit Helen, victime idéale, en apparence seulement. Quant au couple, derrière le rosé, le cachemire et le faux bonheur, se cache un égoïsme abyssal, finalement trop humain.

Voilà donc un roman que j’ai beaucoup aimé mais auquel il manque peut-être quelque chose pour être génial.

De si bons amis, Joyce Maynard, Editions Philippe Rey