Nous ne sommes pas de mauvaises filles

Le livre de Valérie Nimal, j’en ai rêvé, et c’est la première fois que ça m’arrive… Que des mots, une histoire hantent mes nuits.

Nous ne sommes pas de mauvaises filles est beau, bien écrit, très dur aussi, mais ce n’est pas ça. Il évoque parfaitement les liens filles-mère, la sororité, mais ce n’est pas encore ça.

Ce qui m’a bouleversée, je crois, c’est qu’il parle la langue de mon inconscient, qu’il évoque ces mères toxiques malgré elles, dont on doit se libérer,  qu’il mette en avant la matière. La mère met le nez de Maud, sa toute petite fille, dans la merde parce qu’elle n’est pas encore propre. Elle la laisse livrée à elle-même devant ses premières règles. Elle écrase sa grande fille avec le récit de sa nuit de noce ratée et du médecin-boucher qui vient l’examiner. On imagine le sang. Et même lorsqu’elle meurt, l’araignée qui lui grignotait doucement l’esprit et les pensées vient piquer Maud à la cheville, lui faisant à elle aussi perdre la raison.

Ce livre m’a secouée, interpellée, interrogée, et je suis redevable de cela à son auteur, Valérie Nimal. Valérie que j’ai rencontrée il y a longtemps, qui a toujours voulu écrire, et que j’aurai le bonheur de présenter à la Librairie Filigranes mercredi 30 janvier à 18 heures. Et si je n’oublie pas d’enregistrer notre rencontre – cela m’arrive souvent – je la partagerai avec vous, chers lecteurs, dans un prochain post.

Nous ne sommes pas de mauvaises filles, Valérie Nimal, Editions Anne Carrière

Une réflexion sur “Nous ne sommes pas de mauvaises filles

  1. Valérie Nimal

    Chère Anne,
    Vous avez capté l’essence de mon roman #nnspdmf et j’en suis très touchée. Tout en ayant voulu structurer ce récit, j’ai voulu aussi puiser dans ce que l’on cache au plus profond, ce langage qui remonte aux origines. Enfance et inconscient sont liés, bien sûr, et comme vous le soulignez, il y a de la matière, des sensations organiques dans ce livre qui lie une mère à ses filles. J’ai hâte de vous revoir à la librairie Filigranes ce mercredi soir. Merci infiniment pour cette magnifique chronique.

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