Dans le faisceau des vivants

C’est le livre qui m’a touchée le plus profondément, ces dernières semaines.

Alors qu’il narre, entre autres la douleur éprouvée par Valérie Zenatti à la mort d’Aharon Appelfeld, il est aussi et surtout une lumière jetée  sur l’oeuvre du grand écrivain israélien.

Valérie, la traductrice en français des livres d’Aharon, nous parle des liens de profonde amitié qui les liait, de leurs séances de travail.

Elle raconte le jeune enfant issu d’une famille juive, qui à l’aube de la guerre, voit sa mère assassinée devant ses yeux, se terre dans la forêt comme un animal jusqu’en 1945, avant d’immigrer en Israël. Et les échos, les prolongements éclatés de ces faits dans ses livres. 

Alors qu’elle est défaite par son absence, elle traduit des entretiens d’Aharon, encore inconnus d’elle, se rapprochant ainsi de lui, de sa pensée, et de son mystère. Et c’est sur une visite à Czernowitz, la ville natale de l’auteur, en mettant ses pas dans les siens, qu’elle parvient à revenir vers la vie.

« Il y a de l’obscurité dans la lumière et de la lumière dans les ténèbres, le jour et la nuit s’unissent en moi, la joie et la peine aussi, et l’une n’est pas le contraire de l’autre mais son complément absolu, la joie de l’avoir connu et d’avoir été aimée de lui, la peine de l’avoir perdu, mais je trouverai sans doute un autre mot sur ce chemin, une image peut-être pour dire cela, la trace laissée en moi, la vie en son absence. »

Valérie Zenatti a des accents quasi bibliques pour parler de son sujet. J’avais déjà adoré son roman Jacob, Jacob, paru en 2014, chez l’Olivier. Dans Le Faisceau des vivants elle a touché à la fois ma sensibilité et mon amour des lettres. Et je n’ai plus qu’une envie, relire les livres d’Appelfeld, en découvrir de nouveaux, et tous ceux de sa traductrice!

Dans le faisceau des vivants, Valérie Zenatti, Editions de l’Olivier