Des vies possibles

C’est avec un roman historique dans lequel on ne sait jamais exactement ce qui est vrai, ni ce qui est faux, que j’entame la rentrée littéraire de janvier 2019.

Des vies possibles conte l’histoire d’un jeune gamin du Mont Liban, si vif, si intelligent qu’il est envoyé à Rome pour devenir prêtre au début du 17e siècle.

Son latin et son italien sont parfaits, on dirait de lui aujourd’hui qu’il est un intellectuel qui s’intéresse aussi bien aux textes sacrés qu’à l’astronomie ou au hasard.

Les contours de la vie ecclésiastique lui deviennent bien vite trop étroits et il se met au service de puissants. Avec qui il voyage d’Orient en Occident, dans les plus belles villes de son temps et sur les mers, se faisant tantôt aventurier tantôt marchand, de livres ou de trésors.

Cherif Majdalani nous avait habitué aux récits amples de grandes familles libanaises. Ici, il s’essaie à un texte plus bref. Ses chapitres courts sont autant de tableaux qui déploient aussi bien des scènes de la vie quotidienne, que des images de ce 17e siècle de la Contre-Réforme où foisonnent l’art baroqueet la peinture de Rembrandt. Le récit de cette vie d’un plus ou moins honnête homme, transfiguré par l’amour, a infiniment de charme. Joliment et simplement écrit, il nous permet de découvrir un monde finalement trop peu connu.

Des vies possibles, Charif Majdalani, Seuil