Maggie, une vie pour en finir

IMG_1064.JPG Quel plaisir d’avoir été l’interlocutrice de Patrick Weber lors de la présentation de son livre à la Librairie Filigranes. Je le connais depuis si longtemps – l’école et mes années au magazine Flair. J’ai lu ses premiers livres, ai suivi sa carrière de loin. Et Maggie, une vie pour en finir (Plon) m’a beaucoup touchée.

C’est un roman peu banal pour l’auteur, puisqu’il s’agit de l’histoire de sa grand-mère maternelle. Et qu’il a dû, pour l’écrire, mener des recherches, aux archives militaires d’abord, outre-Manche ensuite où il a rencontré sa famille, jusque-là inconnue.

Maggie naît à Altrincham, petite ville proche de Manchester à la fin du 19e siècle. La vie est rude dans sa famille. Sept frères et soeurs, un père qui boit et bat sa mère, peu d’argent… Encouragée par un pasteur, la jeune fille, un brin rebelle, devient infirmière pendant la guerre 14-18, ce qui changera le cours de sa vie. C’est à l’hôpital qu’elle rencontre Joseph, un soldat belge blessé, qu’elle suivra en Belgique à la fin de la Première Guerre. Mais à travers son fils adoré, Charles, elle verra encore le cours de sa vie bouleversé en 1940…

Patrick Weber, le petit-fils qu’elle n’a jamais connu, rend hommage à sa vie, brisée par l’Histoire, dessine un personnage attachant, profondément humain, mettant à jour les failles de sa personnalité, dont le peu d’attention qu’elle accorde à sa fille, Joy. Ses évocations de l’Angleterre du début du 20e siècle et du Bruxelles de l’entre-deux guerres sont savoureuses et imagées. À la fin du roman, l’émotion prend le pas sur le fil du récit. On a le cœur serré devant tant de souffrance et l’on mesure ce qu’a dû ressentir l’auteur pour écrire ce très beau roman.

Maggie, une vie pour en finir, Patrick Weber, Plon