Simone Veil et ses soeurs

les-inseparables-simone-veil-et-ses-soeurs-tea-9782021400571_0.jpeg Si on sait à peu près tout de la vie professionnelle de Simone Veil à partir de 1974, date à laquelle elle devint ministre de la Santé, on connaît beaucoup moins les détails de son enfance passée auprès de ses parents et frère et sœurs. C’est à cela que s’attelle Dominique Missika, se basant sur des photos, des documents, et des conversations avec les protagonistes pour appuyer ses dires.

Son livre, bien documenté, évoque la vie douce et harmonieuse des enfants Jacob jusqu’à la déportation. 1944: Denise est la première arrêtée pour faits de résistance et se retrouve à Ravensbrück. Simone, Milou et leur mère sont envoyées à Auschwitz. Quant au père et au frère, Jean, ils disparaissent sans laisser aucune trace.

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur la vie des Jacob au camp de concentration mais là où le livre Les Inséparables devient à la fois passionnant et poignant c’est sur le retour à Paris de Denise, Simone et Milou à la fin de la guerre.

Leur père disparu, leur mère morte au camp, les filles Jacob sont orphelines et recueillies par une tante. Devant l’incrédulité, le manque d’écoute et d’empathie qu’elles remarquent autour d’elles, elles se réfugient toutes trois dans le silence, ne parlent pas, ne racontent rien de l’horreur.

Mais là où Denise, comme tous les autres résistants, est partout fêtée, son courage célébré, Simone et Milou comme les autres déportés juifs n’ont droit à rien, et pire, leur souffrance n’est ni reconnue, ni entendue. (Ce n’est en effet qu’à la fin des années 70 que les survivants juifs ont commencé à raconter.)

Comment se reconstruire sur des cendres? Chacune le fera à sa manière, en se mariant, en ayant des enfants, en étudiant. Liées à jamais par leur expérience, les filles Jacob deviendront jusqu’à leur mort Les Inséparables.

Les Inséparables, Dominique Missika, Seuil