Les fureurs invisibles du coeur

John Boyne.jpg Dépassez le titre de ce roman qui ne veut absolument rien dire. Les fureurs invisibles du cœur racontent près de 60 ans d’histoire de l’homosexualité en Irlande, à travers un héros, Cyril, et ceux qui l’entourent.

Le roman commence d’une façon glaçante. Une toute jeune fille, enceinte, se retrouve au premier rang de l’Eglise de son village, avec toute sa famille. Dans une scène d’une violence inouïe, le prêtre l’humilie en public. Après la messe, elle n’a d’autre choix que quitter son lieu de vie pour Dublin. D’ailleurs sa mère a déjà préparé son sac…

La focale se déplace ensuite sur Cyril, son petit garçon, adopté par un couple excentrique qui ne lui donnera jamais ni attention, ni affection. Cyril se rend assez vite compte qu’il n’aimera jamais les filles, ce qui conditionnera toute sa vie. Mais dans l’Irlande très catholique, vivre son homosexualité au grand jour est quasi impossible et Cyril se voit forcé au mensonge. D’Amsterdam à New York, toute sa vie, il fuira Dublin.

La violence de la première scène, se retrouve dans différents endroits du roman, qui explore tant les amours cachées dans les sinistres pissotières du métro, que l’assassinat pur et simple d’homos tués pour ce qu’ils sont.

Les personnages – la mère comme le fils – sont beaux et poignants, le rythme de la narration est réglé comme du papier à musique, la structure impeccable, ce qui permet de dévorer sans peine les 600 pages du roman. J’ai terminé cette lecture bouleversée et le souffle court.

Les fureurs invisibles du cœur, John Boyne, Editions J.-C. Lattès