Le coeur converti

coeur converti.jpg 1090. Vigdis et David tombent amoureux l’un de l’autre. D’origine noble, scandinave et flamande, elle vient du Nord de la France. Lui est un Juif sépharade de Narbonne. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer et pourtant…

Alors que Stefan Hertmans, un écrivain belge flamand, résidait dans sa maison de vacances du petit village de Monieux, situé face au Mont-Ventoux, il prit connaissance d’un pogrom qui y eut lieu mille ans plus tôt. A force de fouiller dans de nombreux documents, il y trouva mention du couple formé par Vigdis et David. A partir de là son imagination, appuyée par de solides recherches historiques, s’emballa.

Son livre est à la fois un roman, et un document sur le roman en train de s’écrire. J’adore cette façon d’emmener les lecteurs dans les cuisines de la littérature!

Quant à l’histoire, elle est à la fois tragique et belle. Quand ils se rencontrent Vigdis et David vivent à Rouen. Elle chez ses parents, lui à la yeshiva (école religieuse). A cette époque les différentes communautés religieuses vivent en paix, et très proche les unes des autres, la cathédrale côtoyant la synagogue. Fragile équilibre. Ce qui n’empêche pas le père de Vigdis d’être furieux lorsque la jeune fille s’enfuit avec David et se convertit au judaïsme. Il envoie alors à sa suite tous les chevaliers du royaume. La vie du jeune couple ne sera plus alors qu’une fuite perpétuelle. Aggravée encore par le départ en croisades des armées et des gueux commettant sur leur route de nombreux massacres.

Je ne vous en dis pas plus. Mais sachez que Le cœur converti est à la fois, passionnant, émouvant, très érudit, tout en restant facile à lire. C’est également un roman historique qui tente de reconstituer cette période que l’on connaît finalement assez peu: le Moyen-Age.

Le cœur converti, Stefan Hertmans, Gallimard