Attachement féroce

attachement féroce.jpg J’intercale dans les romans de la rentrée un formidable texte autobiographique, qui vient de paraître en poche chez Rivages. Un texte marquant.

Années 50 à New York, dans le Bronx. Un immeuble décrépit habité de familles juives, toutes communistes, où les femmes, fortes en gueule, s’interpellent de cuisine en cuisine. Entre confidences et cancans, rien ne leur échappe de la vie des voisines.

La narratrice a une douzaine d’années quand s’ouvre le récit. Comment vivre et grandir entre un frère plus âgé qu’elle et une mère à la très forte personnalité, rêvant et jouant l’histoire d’un grand amour avec son mari? Quand celui-ci meurt soudainement, tout s’effondre et la mère entre dans une profonde dépression qui étouffe et marque à jamais ses enfants.

Avec les années, la jeune fille quitte la maison pour l’université, étudie, se marie, divorce, a des amants. Tout cela sous les yeux et les critiques de sa mère pour qui elle éprouve – et réciproquement – un attachement féroce, dans une relation d’amour-haine.

Un livre qui évoque la longue dépression d’une mère et ses répercussions sur sa fille ne pouvait que m’interpeller et me toucher, c’est du vécu malheureusement. Son écriture incisive, ses images extrêmement évocatrices m’ont plongée dans cet univers quasiment en apnée.

Attachement féroce, Vivian Gornick, Rivages et Rivages poches