Un monde à portée de main

maylis.jpg Maylis de Kerangal a écrit une petite merveille, un roman qui nous permet de plonger dans les secrets de l’art du trompe-l’œil.

Paula Karst, Parisienne, a une petite vingtaine d’années quand elle s’inscrit dans une école bruxelloise, qui apprend à reproduire marbres, bois et écailles de tortue. La formation est intense. Pendant six mois, elle travaille sans relâche en compagnie de Jonas et Kate. Ce trio à la fois intense et symbiotique, répond peu à peu aux exigences de la dame au col roulé et atteint l’excellence. Paula se lance alors dans la vie professionnelle qui la mène des studios de Cinecitta à Rome, à la grotte de Lascaux dont elle doit reproduire un fac-similé…

Ce qui m’a frappée dans ce roman, c’est la langue magnifique du trompe-l’œil, qui évoque les couleurs d’un nuancier à la fois très large et précis. C’est aussi la langue de la création qui s’élabore sous nos yeux de lecteurs et nous fait voir et ressentir. La langue de la lenteur. Et puis s’opère un glissement et l’on passe de l’autre côté du miroir, on n’est plus à côté mais dans l’histoire, osant à peine respirer face au travail de Paula, ayant envie de prendre un pinceau, près d’elle.

Un monde à portée de main est un des plus beaux romans sur l’art que j’ai lus récemment. Un coup de cœur de cette rentrée littéraire 2018.

Un monde à portée de main, Maylis de Kerangal, Verticales

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