Le dernier roman d’Aharon Appelfeld

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A la fin de la guerre, Théo quitte un camp de concentration abandonné par les nazis, pour retourner chez lui, à la maison. Son espoir, retrouver sa mère, enfermée dans un asile psychiatrique avant-guerre. Sa route est solitaire, il est entouré de paysages désolés, les survivants règlent leur compte aux collabos…

Pour survivre, il se réfugie dans des bulles de passé, retrouvant sa mère, une femme très belle et fantasque qui trouvait son bonheur en admirant des icônes dans les monastères, qui plaçait Bach au-dessus de toutes ses joies. Son père, libraire, correspondait, lui, au profil de l’intelligentzia juive d’avant-guerre.

En chemin, Théo s’installe dans la cabane vide d’anciens gardiens. Il y reprend son souffle, peut dormir, manger, y accueillir Madeleine. Ca et là sur son chemin, il croise des personnages bienveillants, se délectant de café chaud symbolisant ici tout ce qui n’est pas les camps, reprenant la route inlassablement.

Ce dernier roman du grand écrivain israélien, Aharon Appelfeld, est paru quelques semaines après sa mort. C’est un texte court, étrangement lumineux, évoquant le retour à la vie après l’horreur. Aharon Appelfeld ou l’écriture comme une épure.

Des jours d’une stupéfiante clarté, Aharon Appelfeld, traduit de l’hébreu par Valérie Zénatti, Editions de l’Olivier