Atmosphère, atmosphère

51TzGRRceoL._SX195_ Depuis dix mois, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem. Elle est dépressive, agoraphobe et alcoolique et mélange allègrement Merlot et médicaments. Si elle ne sort plus, Anna observe ses voisins à travers le zoom de son Nikon. Elle les connaît tous, jusqu’aux nouveaux arrivés qui viennent d’emménager, un couple et leur fils adolescent.

Alors que sa voisine lui rend visite, elle la voit quelques jours plus tard à sa fenêtre, recouverte de sang, un cutter enfoncé dans la poitrine. Malheureusement, vu son état d’ébriété, personne et encore moins la police, ne croit le témoignage d’Anna. Ils la pensent plutôt victime d’hallucinations…

J’ai dévoré en deux jours, ce roman policier particulièrement prenant. L’auteur prend son temps – près de la moitié du livre – pour installer l’atmosphère de son livre et j’ai adoré ça. Anna souffre, Anna se saoule, n’ose pas franchir le seuil de sa maison. Chez elle, elle regarde à toute heure du jour et de la nuit, de vieux films policiers en noir et blanc, leurs dialogues se mêlant à ceux de la vie réelle. Ancienne pédopsychiatre, elle aide des patients sur des forums, joue aux échecs en ligne… On perçoit avec émotion sa souffrance et le secret qu’elle cache.

Après le meurtre, le roman prend de la vitesse et s’enfonce dans le mystère et les mensonges. Seul bémol: dommage que la fin n’ait pas été plus élaborée, plus proche en cela de la première partie du livre. Ceci dit ce roman, dans la lignée des Apparences ou de La Fille du train, reste un excellent divertissement. D’autant plus qu’il est très bien traduit de l’anglais par Isabelle Maillet.

La femme à la fenêtre, A.J. Finn, Presses de la Cité