Disparition

9782709659826-001-T.jpegPar un bel après-midi d’été, Summer, une éblouissante jeune fille de 19 ans, disparaît après une baignade dans un lac. Ses parents, son frère, Benjamin sont dévastés. Il a 15 ans et le drame, comme le silence écrasant de ses parents, l’étouffent et le marquent profondément. Vingt-cinq  plus tard, en sentant une odeur de peinture fraîche dans son bureau, Benjamin est pris de crise d’angoisse et plonge dans une profonde dépression. Il n’aura pas d’autre choix que de reconstituer ce qui s’est vraiment passé…

Ce roman est une petite merveille, un bijou de poésie et d’onirisme incarnés dans le thème de l’eau omniprésent, des poissons nageant dans les lacs de Genève et les piscines ainsi que dans un mystérieux aquarium, image à la fois, du bonheur parfait et du malheur extrême. Le personnage de Benjamin, perpétuellement mal à l’aise, en inadéquation  constante avec le monde rappellera à tous de douloureux souvenirs d’adolescence. Quant aux parents, ils incarnent la bourgeoisie dans ce qu’elle a de pire, réfugiée dans les mondanités et les conventions, parfaitement insensibles et capables du pire. Cela fait quelques jours que j’ai terminé Summer, et cette histoire, cette écriture, ne cessent de me hanter.

Summer, Monica Sabolo, JC Lattès

Politique, encore!

51q7KhfIftL._SX315_BO1,204,203,200_.jpg J’ai lu Un personnage de roman, livre oh combien décrié par la critique. L’écrivain Philippe Besson, proche des Macron, a suivi le candidat à la présidentielle pendant toute sa campagne. Il a multiplié les carnets de note, désireux de transformer cette matière en roman et ne parvenant qu’à dessiner un portrait en creux. La lecture du livre est agréable mais ne nous apprend rien de neuf si on a suivi l’actualité au printemps. L’œil de l’auteur n’est pas un œil critique. Mais ce qui frappe par contre, c’est la réflexion de Philippe Besson: même en étant proche du futur président, en lui parlant, en échangeant avec lui des SMS, l’écrivain se rend compte… qu’il ne connaît pas Emmanuel Macron. Moi ce que j’aurais bien voulu savoir c’est ce qu’il pense de sa remarque sur les fainéants, sur ses gestes méprisants de la main. Mais ça c’est une autre histoire. Et la littérature n’a finalement pas gagné grand-chose avec Un personnage de roman.
Philippe Besson, Un personnage de roman, Julliard

Romanesque la politique?

CVT_Ils-vont-tuer-Robert-Kennedy_603.jpg Certainement oui dans le dernier livre de Marc Dugain « Ils vont tuer Robert Kennedy ». Où l’on suit en parallèle l’histoire du frère le plus proche du Président américain et celle d’un professeur d’université, persuadé que la disparition de ses propres parents, dans des circonstances tragiques, a un lien avec celle de Robert Kennedy.
Le plus: Le récit de la mort des deux frères reprend la théorie du complot, déjà évoquée par l’auteur dans le livre qu’il a consacré à Edgar Hoover. La mafia, la CIA, le président Johnson, tout le monde y est mêlé. Mais ce qui frappe ici, c’est le magnifique portrait de Robert, le cadet de la famille. Dégoûté par l’origine nauséabonde et mafieuse de la fortune familiale, il n’hésite pas, lorsque John devient Président, à s’opposer frontalement à ladite mafia que son père a toujours favorisée. Ce qui touche aussi, c’est la profonde fidélité qui le lie à son frère à qui il offre un appui sans failles. Son chagrin, sa dépression, lors de la mort de ce dernier, sa lente reconquête du pouvoir puisqu’il est assassiné quelques jours avant de devenir le candidat démocrate. Robert Kennedy est dépeint ici comme un homme sensible, bon, à l’écoute.
Autre point positif: le retournement de situation à la fin du roman qui nous fait voir l’histoire sous un autre angle.
Mais, car il y a un mais: c’est long, trop long, tellement que ça en devient parfois ennuyeux. Dommage!
Ils vont tuer Robert Kennedy, Marc Dugain, Gallimard