Sur les traces de Rembrandt

bm_CVT_Heretiques_2399.jpg C’est le roman idéal pour les vacances. Bien épais. A la fois intéressant – il aborde des thèmes graves – et passionnant – il prend parfois la forme d’un thriller. Son personnage principal est un petit tableau de Rembrandt, où le Christ prend les traits d’un jeune Juif. Il se déploie en trois parties, tout aussi fascinantes.
1939. Sur le port de La Havane, la foule se presse en attendant que débarquent les réfugiés juifs du paquebot SS Saint-Louis. A bord, les parents de Daniel Kaminski, 10 ans, et sa petite sœur. Mais entre le départ et l’arrivée du paquebot, les règles d’accueil des réfugiés à Cuba ont changé et le SS Saint-Louis reprend le chemin de l’Europe entraînant ses passagers vers une mort certaine. Qu’est devenu le tableau de Rembrandt, seule richesse de la famille de Daniel et qui aurait dû lui garantir de débarquer malgré tout? Dans quelles mains avides s’est-il égaré? C’est ce que le fils de Daniel tentera de découvrir 40 plus tard avec l’aide de Mario Conde, policier à la retraite.
1750. L’auteur nous fait faire un bond dans le temps et l’espace. Nous suivons dans Amsterdam, ville prospère, moderne et accueillante, les pas d’un jeune Juif sépharade, Elias. A deux pas de chez lui se trouve l’atelier de Rembrandt qui le fascine depuis qu’il est enfant. A l’heure où Spinoza est banni de sa communauté, en raison de sa pensée, bien trop profane, Elias va braver les interdits de sa religion et notamment celle de représenter l’être humain sur une toile ou un parchemin. Rembrandt l’accueille dans son atelier ce qui le contraindra à vivre dans le secret.
Début des années 2000. Mario Conde est entraîné à rechercher une jeune fille disparue, une Emo, dont la philosophie de la désespérance et du suicide symbolisent celle de la jeunesse de Cuba. Et voilà que le tableau de Rembrandt rentre en scène…

Ce roman décrit si bien la vie à Cuba dans les années 50 comme dans les années 2000 qu’il n’est pas besoin de visiter l’île pour s’en rendre compte. Corruption des années Battista, délabrement et désespoir des années Castro, où seuls l’amitié, l’amour et le mauvais rhum permettent de survivre, l’auteur n’a pas son pareil pour décrire son lieu de vie. Quant à Amsterdam au 18e siècle, à travers des personnages chatoyants, on découvre les idées qui animaient la ville, si modernes qu’elles en étaient subversives. Que vous dire encore, si ce n’est que ce roman est dans mon top 10 des livres récemment préférés?
Hérétiques, Léonardo Padura, Points Seuil et Métallié

Auteur : Anne Rozenberg

Anne Rozenberg, journaliste et blogueuse

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