Promesse

promesse-jussi-adler-olsen Quand je n’arrive pas à me concentrer sur une lecture un peu difficile, j’adore me lancer dans ce genre de bonne grosse brique que je suis sûre de ne – presque – pas lâcher avant la fin. Et celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Si vous êtes familiers de romans policiers de Jussi-Adler Olson, sachez qu’on y retrouve les protagonistes principaux du département V, soit Carl, le commissaire bougon,  Assad l’équipier mystérieux et doué, et Rose qui prend dans cette dernière enquête beaucoup d’importance.
Le livre commence quand Christian Habersaat, un commissaire de la lointaine petite île de Bornhom appelle Carl Mock pour lui dire… qu’il est à bout. Le lendemain lors de son pot d’adieu, Christian se tire une balle dans la tête devant ses invités, ce qui fait pour le moins désordre. L’équipe de Carl prend le chemin de Bornhom et se rend compte sur place qu’il a travaillé dix-sept ans sur une affaire sans la résoudre… Alberte est-elle vraiment morte des suites d’un accident, ou a-t-elle été victime d’un crime? Carl et ses acolytes reprennent l’affaire depuis le début et plongent –avec nous- dans l’univers des sectes et de l’ésotérisme. La traduction est aboutie, le texte est agréable à lire, ce qui n’est pas à négliger. C’est rythmé, passionnant, on y rencontre un gourou charismatique, une femme jalouse et d’étranges savants. J’en aurais d’ailleurs bien lu un autre coup sur coup!
Promesse, Jussi Adler Olsen, Albin Michel

La vocation

la vocation Voici une petite lecture agréable pour le week-end qui interpellera surtout les fashionistas.
Nommée directrice de la mode au magazine Elle parce qu’elle aime « les beaux habits », Sophie Fontanel déchante très vite: en cause, le pouvoir du marketing et les exécrables caractères des gens du milieu. Parallèlement à son expérience, elle raconte comment sa grand-mère, sa mère et ses tantes, exilées arméniennes en France et couturières, lui ont transmis leur goût du beau. Dans leurs bagages, elles avaient emmené avec elles des pages déchirées du plus célèbre magazine de mode… C’est beau et intéressant, on sourit, on s’émeut, on s’attendrit face à ce récit qui est aussi une réflexion sur la mode.
La vocation, Sophie Fontanel, Robert Laffont

Un chiffre

A la Foire du livre de Bruxelles dont l’entrée cette année était gratuite, les exposants ont vendu 30 % de livres en plus. Un exemple à suivre ailleurs. 

Danser

Danser Je n’ai pas pu résister ni au titre du livre, ni à cette couverture. J’aime tellement le monde de la danse. Et puis, avec la démission-surprise de Benjamin Millepied, j’avais d’autant plus envie d’entrer dans ce milieu oh combien secret. Le roman d’Astrid Eliard suit trois jeunes danseurs dès leur entrée à l’Ecole de danse de l’Opéra. Ils ont treize ans, viennent de milieux sociaux différents et vivent chacun à leur manière, la dureté des exercices, la séparation avec les parents et amis, la transformation de leur corps. C’est joliment écrit, on lit avec plaisir ce « petit » livre, mais justement, c’est là que le bât blesse. Le texte est extrêmement court et tient plus de la littérature jeunesse que d’autre chose.
Danser, Astrid Eliard, Mercure de France

Le violoniste

Le violoniste Petite session de rattrapage avec ce livre paru en 2014 et qui a depuis reçu le Grand prix des lectrices Elle Policier. Si ce prix est un gage de qualité, la section Policier peut prêter à confusion tant ce qui compte ici c’est la petite histoire mêlée à la grande.
Nous sommes à Moscou en 1948,Ilia Grenko, violoniste brillant est arrêté par le KGB puis déporté en Sibérie et incarcéré dans un camp, alors que son Stradivarius, aux mains sa famille depuis plusieurs générations, est confisqué. Alerté par sa soeur, qu’il n’a plus vue depuis des années, Sacha, le petit-fils d’Ilia, petit truand rangé des affaires fait tout pour retrouver le précieux instrument et revisite ainsi l’histoire tragique de sa famille,écrasée par le régime stalinien.
La construction du roman est très habile, on passe alternativement du récit de Sacha, à celui d’Ilia, puis de sa femme Galina, elle aussi déportée avec leurs deux jeunes enfants. Les personnages secondaires sont très attachants apportant de la bonté et de la lumière dans ce récit hanté par ce que l’humanité a de plus noir. Quant à l’enquête policière, elle est présente, mais plutôt ténue par rapport à l’ampleur du propos. C’est beau, émouvant, intéressant et je vous le conseille vivement.
Le violoniste, Mechtild Borrmann, Le Livre de Poche

Umberto Eco 1932-2016

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« Si Dieu existait, il serait une bibliothèque. »