Il pleut sur Bruxelles? On va chez Taschen

rainUne bonne raison de sortir de chez soi aujourd’hui? Ce sont les soldes chez Taschen, vous savez, cette très belle librairie d’art du Sablon à Bruxelles. Dans tous les domaines, tous les formats, vous y trouverez tout ce dont vous avez envie à prix mini.
Taschen Books, 18 rue Lebeau, 1000 Bruxelles. Ouvert demain également.

Meilleures ventes 2015

D’après le classement de Livres Hebdo, Astérix, Grey, et Central Park de Musso sont les livres les plus vendus en 2015. Y aurait-t-il un souci à se faire pour la littérature? Poser la question, c’est y répondre.

La Renverse

la-renverse-olivier-adam Olivier Adam est pour moi, un des meilleurs romanciers français. Aussi, parmi les plus de 500 nouveautés de la rentrée de janvier, j’ai très vite lu son dernier opus.
Dans La Renverse, Antoine (un prénom récurrent dans son oeuvre) est libraire dans une petite ville de Bretagne. Il adore son métier mais est incapable de nouer de véritables relations avec les autres, pas même avec sa compagne. Il est trop taiseux, trop absent à lui-même pour cela.

Quand il apprend que le maire de la petite ville où vivent encore ses parents est mort, il se sent obligé de se retourner sur son passé… Il y a dix ans de cela, le maire et son adjointe – qui n’est autre que la mère d’Antoine – ont été pris dans un scandale sexuel d’envergure. Si le maire, à l’aide de multiples compromissions, a pu s’en sortir, la famille d’Antoine a, elle, carrément explosé. Comment deux adolescents peuvent-ils, en effet, supporter de voir leur mère traitée de pute et de salope, comment peuvent-ils vivre la honte, et s’en sortir indemnes? C’est à ses questions que s’attaque Olivier Adam dans un roman percutant qui prend aux tripes. Il donne une voix aux humiliés tout en exprimant sa rage contre les collusions d’un monde politique corrompu et des médias. Quant aux vraies victimes, si elles sont femmes, pauvres et émigrées, eh bien, elles n’ont aucune chance…

Olivier Adam, La Renverse, Flammarion

Ahlam: le premier roman de Marc Trevidic

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Ahlam, Trevidic

On a beaucoup vu Marc Trevidic à la TV lors des attentats du 13 novembre à Paris. Et c’est cet ancien juge de l’anti-terrorisme qui avait la parole la plus juste, qui tenait les propos les plus éclairés sur ce qui venait de se passer. Auteur de trois essais consacrés à ce domaine, il vient d’écrire son premier roman. Rien d’étonnant donc qu’il se passe dans un pays arabe, sur fond de montée de l’islamisme…

Paul, un peintre français, vient se réfugier à Kerkennah en Tunisie. Il se lie d’amitié avec une famille de pêcheurs et constate très vite que les deux enfants, Issam et Ahlam, sont très doués l’un pour la peinture, l’autre pour la musique. Il les prend sous son aile les poussant à aller toujours plus loin. Mais nous sommes en 2011 et Ben-Ali, le président honni des Tunisiens est destitué. Alors qu’éclate la révolution de Jasmin, Ahlam en devient l’égérie, se battant pour les droits des femmes et plus de liberté. Quant à son frère, il a des opinions bien plus radicales…
J’étais un sceptique en ouvrant ce livre, les meilleurs essayistes ne devenant pas forcément de bons romanciers. Pourtant j’ai été prise sous le charme de cette histoire qui fonctionne parfaitement bien. Ce qui m’a le plus interpellée, c’est la description de la situation, historique et politique du pays, avec d’un côté le besoin de liberté de sa population, et de l’autre l’élection d’Ennnhadha, le parti des Frères musulmans. Parallèlement à ça le salafisme et la violence montent en puissance, n’hésitant pas à frapper la féminité et toutes les expressions de l’art. Un bon exemple de roman, fenêtre ouverte sur le monde.
Ahlam, Marc Trevidic, JC Lattès

Citation

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« Le bonheur, c’est chiant à mourir! »

Jean d’Ormesson dans La Grande Librairie. Dernier livre paru Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. (Gallimard)