Joël Dicker versus l’état de siège à Bruxelles

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Que fait-on quand on est encore sous le choc des attentats de Paris, coincé chez soi, à Bruxelles, sous la menace des terroristes, que les cinémas, les cafés les restos sont fermés, que le métro ne fonctionne plus? On lit si on en a l’énergie et l’envie.

Echaudée par les mauvaises critiques du deuxième roman de Joël Dicker, j’avoue je l’ai sorti de ma pile avec des pincettes… et je suis très vite tombée sous le charme. Comment résister à cette histoire d’amitié qui lie trois cousins américains nés dans les années 80, à leur amour commun pour la lumineuse Alexandra, à leur énergie? Comment ne pas être sensible à cette histoire de classe sociale, d’argent qui sépare une famille en deux clans. Ceux de Baltimore , les plus riches et ceux de Montclair auxquels appartient le narrateur, le romancier Markus Goldman. C’est vrai il y a de la lourdeur dans le récit, il y a ce Drame dont on apprend l’existence aux premières pages du livre, s’attendant à tous moments à ce qu’il éclate. Mais il y a aussi et surtout, une structure très habile, des personnages extrêmement attachants, si bien dessinés qu’ils en deviennent réels. Et puis, c’est un véritable page turner. Commencé hier matin, je l’ai terminé hier soir, sous la couette, protégée par lui de l’angoisse des événements que l’on vit en direct depuis une semaine. Et pour cela, je dis « Merci Joël Dicker », merci la littérature.

Le Livre des Baltimore, Joël Dicker, Editions De Fallois

 

 

L’intérêt de l’enfant

51hv7BomOsL._SX339_BO1,204,203,200_ Fiona a 59 ans et est en pleine crise conjugale. Son métier de magistrate, spécialisée dans le droit à la famille, l’oblige à statuer sans cesse pour le bien des enfants. Une affaire une peu particulière lui est présentée, celle d’un jeune homme, témoin de Jéhovah. Atteint d’une leucémie, il refuse pour obéir aux injonctions de sa foi, de recevoir les transfusions qui pourraient le sauver. Fiona, lui rend visite, prend sa décision en toute connaissance de cause, mais l’histoire, bien sûr, ne s’arrête pas là…
Ian McEwan décrit avec finesse, cette femme à la fois absorbée par son travail, et bouleversée par la tromperie de son mari. L’atmosphère du roman est assez sombre, empreinte d’une tension dramatique bien travaillée. Une fois refermé, ce roman continue de hanter ses lecteurs.
L’intérêt de l’enfant, Ian Mc Ewan, Gallimard

Prix Décembre: Un amour impossible

un amour impossible Je n’avais encore lu aucun livre de Christine Angot. L’autobiographie n’est pas mon genre littéraire préféré et je savais qu’elle avait déjà décrit l’inceste subi pendant l’enfance avec beaucoup de crudité. Pourtant dès septembre, elle était sur la liste du prix Goncourt. Son livre, qui vient d’être couronné par le prix Décembre, faisait l’unanimité tant auprès des journalistes que des libraires. Je me suis donc lancée…
Un amour impossible raconte l’histoire d’amour qui a lié pendant peu de temps ses parents. Sa mère est issue d’un milieu social très simple, son père par contre vit à Paris dans les beaux quartiers. Pas question dans les très conventionnelles années 50 que ces deux-là se marient. Enceinte, la mère décide d’élever seule Christine. Elle reste en contact avec son ancien amour, même s’il est très éloigné. L’inceste est là dans le récit, évoqué par une phrase lapidaire, mais pèse de tout son poids…
L’écriture est sèche, plate, sans pathos ce qui n’empêche pas le récit d’être bouleversant. Tout est évoqué avec une très grande justesse. Cette lecture ne m’a pas transformée en fan absolue de Christine Angot mais m’a au moins permis de découvrir son univers.
Christine Angot, Un amour impossible, Flammarion