Profession du père

Sorj-Chalandon-Profession-du-père-Grasset Sorj Chalendon, je l’aime… d’un amour tout littéraire. Que ce soit Mon traître, Le Quatrième Mur, ou ce Profession du père, tous ses romans me parlent et me bouleversent. Très différent de ses livres ancrés dans l’actualité – que ce soit celle de l’Irlande ou du Liban – c’est dans l’intimité d’une famille qu’on entre ici. La sienne, mais revisitée par la voix de son héros, Emile. Emile a 12 ans et vit très isolé du reste du monde avec ses parents. La mère est soumise et effacée, et le père, quel père… complètement fou. Pourtant Emile ne le juge pas – il n’a pas les armes pour le faire – et entre dans son jeu. Le père se dit agent secret? Les voilà tous deux faisant des courses folles dans Paris, se parlant par talkie-walky interposé. Il décide pour sauver l’Algérie de tuer De Gaule? Voilà Emile écrivant à la craie des slogans pro-OAS dans la cour de l’école, et embrigadant un de ses camarades dans un faux projet d’attentat. Tout cela pourrait être un jeu, un peu douteux mais grandeur nature, s’il n’y avait la violence du père. Emile est battu, enfermé dans la Maison de correction – une armoire – sans manger, ni dormir. A 20 ans il est purement et simplement renvoyé de chez lui. C’est terrifiant, poignant, et ce Emile-là on a envie de le serrer dans ses bras.
Profession du père, Sorj Chalendon, Grasset

Auteur : Anne Rozenberg

Anne Rozenberg, journaliste et blogueuse

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