Un tout bon polar israélien

la violence en embuscade

Fragilisé par sa dernière enquête (Une disparition inquiétante, Seuil), l’inspecteur Avraham Avraham, revient à Tel Aviv après trois mois passés à Bruxelles. Alors qu’il a encore quelques jours de congé, on fait appel à lui. Une valise contenant une bombe factice ayant été déposée à la porte d’une crèche. La directrice a apparemment la main leste avec les enfants, ce qui entraîne inévitablement des conflits avec les parents… Très vite l’attention d’Avraham se porte su Chaïm, modeste traiteur un peu décalé, père de deux jeunes enfants. Son malaise pendant l’interrogatoire et l’absence de sa femme sèment le doute dans l’esprit de notre enquêteur…
Dès le début de l’histoire l’angoisse monte sans que la situation ne soit trop inquiétante et je me suis très vite demandé pourquoi. C’est que les personnages de Dror Mishani sont tellement désespérés, que ce soit Avraham en raison de l’absence de sa femme, ou Chaïm dont on sent qu’il n’a connu que des échecs, qu’ils ne peuvent que nous toucher. On l’aura compris, il s’agit ici d’un polar psychologique, l’auteur plantant de vrais personnages, à la personnalité fouillée. L’enquête que j’ai trouvée réussie, même si elle n’est pas haletante, en devient presque secondaire. Une bonne lecture pour ce week-end en tout cas!

La violence en embuscade, Dror Mishani, Seuil