Faut-il encore lire les classiques?

A cette question un peu provocante je réponds oui, trois fois oui.

Les classiques on les lit généralement très jeunes, entre quinze et dix-huit ans. Et je me suis demandé quel effet ils feraient sur moi aujourd’hui.

Inspirée par la jolie affiche du film portant le même nom, j’ai commencé mes retrouvailles avec le 19e siècle par la lecture du Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau… et j’ai adoré!

La langue d’abord, fluide et très raffinée. L’histoire ensuite, celle de Célestine R, jeune femme délurée, qui entre comme femme de chambre dans une maison de Mesnil-Roy, petite ville de province. Ses talents d’observatrice sont sans pareils pour témoigner d’une société fermée sur elle- même, d’une maîtresse acariâtre, d’un maître libidineux, de  Joseph le jardinier antisémite. Sans oublier les autres femmes de chambre du lieu, chez qui on ne trouve que laideur, roueries et caractères odieux. Céleste raconte aussi ce qu’elle a vécu dans ses anciennes places et notamment celle où elle s’est occupée de Georges, un jeune homme atteint d’une maladie incurable qu’elle a tenté de soigner… d’une façon très particulière!

Ce qui frappe à la lecture, c’est la peinture de la société du 19e siècle (on est en pleine affaire Dreyfus) où les jeunes filles pauvres n’avaient d’autres choix qu’être paysanne, prostituée ou femme de chambre, les limites entre les deux dernières catégories étant parfois floues. Et puis et surtout, il y a les personnages criants de vérité, vivants, faits de chair et de sang, de sexe aussi bien que la langue de l’époque le couvre souvent d’un voile pudique.

A votre tour de le lire maintenant. Ce Journal d’une femme de chambre est bien mieux que nombreux romans contemporains.

Auteur : Anne Rozenberg

Anne Rozenberg, journaliste et blogueuse

5 réflexions sur « Faut-il encore lire les classiques? »

  1. Les classiques ne deviennent pas des classiques pour rien. Certes certains classiques auront définitivement « dégouter » les jeunes collégiens et lycéens de la lecture, mais en feront rêver d’autres. Ce fut mon cas, avec des classiques comme l’Etranger de Camus, ou Au bonheur des dames de Zola. Une révélation.

    J’ai relu récemment Au bonheur des dames, et ce fut encore plus exquis que la première fois. Pour cette raison, je pense même qu’un classique peut ne pas plaire à un jeune, et très bien plaire quelques années plus tard.

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  2. On en entend pas mal parler en ce moment de ce roman, dis donc ! Ca me donne bien envie de le lire, surtout que j’adoooore les classiques 🙂 Evidemment, je réponds mille fois oui à la question « faut-il encore lire les classiques ? » 😉
    Bises !

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  3. Tiens, je n’ai jamais lu celui-ci…
    Cette année, je me suis jurée de lire au moins un classique tous les deux romans « contemporains ». Et j’avoue que je découvre avec plaisir des textes que j’avais détesté au lycée (le rouge et le noir en tête). Du coup, je me demande vraiment comment faire apprécier ces textes dès leur première lecture…

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