Idée cadeau: L’Amérique des écrivains

Un passionné de littérature ne pourra que succomber à ce très beau livre, fruit du voyage d’un écrivain, Pauline Guéna, et d’un photographe, Guillaume Binet. Ces derniers sont partis un an en camping-car avec leurs quatre enfants à la rencontre de vingt-six écrivains américains parmi les plus célèbres actuellement. Au fil d’interviews pointues et de superbes photos, on passe du New-York de Siri Hustvedt au Michigan de Laura Kasishke en passant par la Californie de T.C. Boyle, entre autres. Par le biais de ces textes, des images de leur environnement, ces auteurs que l’on connaissait uniquement par leurs romans, nous deviennent étrangement familiers. C’est comme si l’on se glissait, à petits pas de souris, dans leur intimité. Et on ne peux qu’être heureux de l’invitation!

L’Amérique des écrivains, Pauline Guéna, Guillaume Binet, Robert Laffont

Secrets de milieux littéraires

Joanna s’installe à New York à la fin des années 90 et devient assistante dans une grande agence littéraire à l’atmosphère à nulle autre pareille. Le client principal de cette agence? L’écrivain Salinger. Ses outils de travail? Un vieux dictaphone et une… machine à écrire datant de Mathusalem. Sans oublier la patronne un peu compliquée qui rappelle celle du Diable s’habille en Prada. Mais la différence s’arrête là et heureusement. Car c’est de littérature dont il est question ici. Et de Salinger. Joana chargée de lire le courrier envoyé à l’écrivain se passionne vite pour sa tâche et entreprend parfois de répondre aux lecteurs. Avant de lire son oeuvre en un week-end et de ressentir un grand choc. Comment après cette lecture à la fois attachante et intéressante ne pas se plonger dans l’Attrape-coeurs (Pocket), le livre-culte de Salinger? Je vous conseille vivement les deux bien mieux qu’Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder qui a tiré toute la couverture à lui depuis le mois de septembre.
Mon année Salinger, Joanna Smith Rakoff, Albin Michel

Pas pleureur

N’hésitez pas cette année à offrir le Prix Goncourt pour Noël. Offrez-le à votre famille, à vos amis. Pas pleurer de Lydie Salvayre, née Lydie Arjona, laisse en effet une impression forte, c’est un livre intéressant, à la fois littéraire et facile à lire, dans lequel l’histoire d’une famille nous ouvre la porte de la grande Histoire.

Eté 1936. Montse, la mère de l’auteur, vit dans un village de Catalogne avec ses parents et son frère. La vie de ces paysans pauvres s’y écoule lentement, au rythme des durs  travaux des champs et des conventions très strictes qui étouffent la jeunesse. Aussi la révolution espagnole, avec ses promesses d’égalité, son ouverture morale, son anticléricalisme, leur apparaît comme une formidable occasion de liberté et constituera la plus belle – et courte – période de la vie de Montse. Malheureusement Franco et ses milices reprendront vite la main, écrasant dans d’épouvantables massacres ce mouvement. Montse fuit et trouve refuge en France avec son mari et sa fille aînée après un interminable voyage à pied.

La deuxième voix du livre est celle de l’écrivain français Georges Bernanos. Très à droite, catholique, il s’exprima cependant contre son camp dans les Grands cimetières sous la lune, témoin pendant la guerre d’Espagne, des atrocités commises par Franco, appuyé par l’Eglise dans sa grande peur des rouges. L’ensemble de ces deux voix, pourtant  très différentes, donne un roman équilibré et harmonieux dont on ressort la gorge nouée d’émotion ayant l’impression d’être un peu moins bête, un peu plus informé.