Homosexualité et misère sociale

 En littérature, janvier est pareil au mois de septembre avec sa déferlante de romans sur les tables des librairies. J’ai déjà glissé pas mal de nouveautés dans ma liseuse numérique et la première sur laquelle je me suis arrêtée est En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis. Un choc! Un mélange de violence et d’immense sensibilité.
Depuis qu’il est tout petit, Eddy est efféminé. Il parle avec les mains, a la voix aiguë et devient à l’école le souffre-douleur de deux garçons qui le rouent de coups, quotidiennement. C’est que dans le village du Nord de la France ou Eddy est né il y une vingtaine d’année, la virilité, voire même la violence des hommes sont des vertus.  Et qu’on n’y connaît pas la moindre ouverture à la différence. Qui pourrait en effet se targuer d’ouverture dans ce village pauvre où les hommes sont ouvriers d’usine de père en fils et les mères caissières. Où les soirs où il n’y a rien sur la table, « on mange du lait ». Où la télé est du matin au soir, omniprésente. Où en guise de loisirs, les enfants répètent les scènes vues dans les films porno. Eddy aura la chance de s’en sortir grâce à l’étude, fuyant très tôt le foyer familial pour étudier dans un lycée éloigné. Et transformant son sinistre passé en récit autobiographique. Mais combien comme lui restent coincés chez eux, sans aucune chance de s’en sortir?
En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis, Seuil

Une réflexion sur “Homosexualité et misère sociale

  1. J'ai furieusement hésité à acheter ce livre la semaine dernière, sans me décider pourtant à l'emporter. Ta chronique me donne finalement bien envie de le prendre lors de mon prochain passage

Les commentaires sont fermés.