Vous avez dit surhomme?

C’est plutôt une lecture de mec, mais conseillée par Marc Filipson, le patron de la librairie Filigranes, je me suis plongée coup sur coup dans les trois volumes que compte cette trilogie – Le projet Bleiberg, le projet Shiro et le projet Morgenstern – et je n’ai pas été déçue. Ce qu’on y trouve? De l’espionnage, dans la plus pure tradition du genre, beaucoup de coups de fusil et de couteau… et une solide documentation historique et scientifique. Le héros principal? Eytan Morgenstern, un géant infatigable, aux forces inégalées, agent du Mossad, en guerre soixante ans durant contre le mystérieux Consortium mais aussi chasseur de nazis. Son histoire? Petit Polonais juif, capturé par les nazis, il subit les douloureuses expériences du Docteur Bleiberg, qui faisait alors des recherches sur le surhomme. Et il fut le seul à y survivre… Plongez-vous-y sans hésiter c’est particulièrement addictif. Les trois volumes sont de qualité égale, le tout est très habilement mené sans oublier des touches humoristiques et des personnages attachants.
Le projet Bleiberg, Le projet Shiro, Le projet Morgenstern, David S. Khara, éditions Citric (Les deux premiers volumes sont également parus chez 10/18).
 

Un été grec

Lors de ses premières vacances en Crète, Alexis, une jeune Anglaise, se décide enfin à affronter le passé de sa famille. Pour mener à bien cette quête d’identité, elle retrouve à Plaka, le village natal de sa mère, une amie de cette dernière. Et c’est la vielle dame qui lui dévoile enfin le récit douloureux de ses origines. Car face à l’idyllique Plaka, se trouve l’île de Spinalonga qui accueillit jadis les lépreux et parmi eux son arrière-grand-mère… Secrets de famille, amours contrariées, retour aux sources, tous les ingrédients sont en place pour faire de ce roman une belle saga de l’été. Mais avec un plus: celui de nous faire vivre l’exclusion des lépreux, leur vie quotidienne, et les progrès faits par la médecine pour soigner cette terrible maladie. Et non ce n’est pas sinistre, bien au contraire, tant les personnages sont touchants et l’histoire empreinte d’une belle générosité.
L’île des oubliés, Victoria Hislop, Le Livre de Poche

Les belles promesses

En faisant de l’ordre dans ses archives avant son départ en maison de retraite, Elaine retrouve un document attestant que sa sœur jumelle, disparue à 18 ans, avait bien été retrouvée par sa famille, alors qu’elle-même n’en savait rien. Cette simple carte postale replonge Elaine dans ses souvenirs… Los Angeles dans les années 20, et plus précisément le quartier juif de Boyle Heights, peuplé d’immigrés venus d’Europe de l’Est. Elaine, petite fille y fait les quatre cents coups avec sa jumelle, Barbara, son alter ego qui l’écrase de sa beauté et de son caractère frondeur. Les années 30 les voient devenir jeunes filles et se disputer chacune à sa façon l’amour de David Berlow. Jusqu’à la fugue définitive de Barbara qui brisera le cœur de la famille. Maintenant qu’elle sait, plus de 60 ans plus tard, que Barbara est vivante, Elaine a-t-elle vraiment envie de la retrouver?
Mystère de la gémellité, destin brisés des Juifs d’Europe, belles promesses du rêve américain, tous ces thèmes sont abordés dans ce très beau roman, dont la finesse, la sensibilité et la justesse de ton m’ont beaucoup touchée. Sans oublier la fin pleine de vigueur et d’optimisme, et ça c’est tellement rare que ça mérite d’être souligné.
Les belles promesses, Janice Steinberg, Belfond