Le sens de la famille

Amy a 31 ans, publie des romans, quand elle apprend que sa mère biologique vient de la retrouver et veut la voir. C’est le choc pour la jeune femme. Elle découvre d’abord qu’elle est issue d’une relation adultère. Très jeune, sa mère est devenue la maîtresse de son patron, un homme marié et beaucoup plus âgé qu’elle. Quand elle se décide à lui téléphoner, elle se rend compte que loin de la princesse dont elle a rêvé, sa mère est une femme à la marge, terriblement envahissante dont elle n’a de cesse de se protéger. Son père? Décevant lui aussi, l’obligeant à faire un test ADN mais refusant d’abord de la présenter à ses frères et sœurs, puis à la voir… Comment survit-on à cela? En creusant dans l’histoire de ses familles, adoptive et biologique, pour voir d’où l’on vient, où l’on va. Puis en traçant son propre chemin en devenant mère à son tour…  Voilà un récit autobiographique très dur sur les difficultés de l’adoption, mais dont le rythme soutenu pousse à la lecture. C’est poignant et on a toujours envie d’en savoir plus.
Babel

21 rue la Boétie

Beau personnage que celui de Paul Rosenberg, grand marchand d’art et grand-père d’ Anne Sinclair. La célèbre journaliste lui rend un hommage appuyé, faisant revivre le 21 rue Boétie siège de sa galerie parisienne, évoquant sa féroce opposition au nazisme, son exil forcé et sa deuxième carrière à New York. Mais là où le livre est le plus intéressant, c’est lorsqu’il décrit le « découvreur » de peintres – Picasso, Braque, Matisse – à travers les traces que Paul Rosenberg a laissé dans l’histoire de l’art moderne et surtout dans la correspondance chaleureuse, amicale et féconde qu’il échangeait avec ses protégés. A la fin de la deuxième guerre mondiale et jusqu’à sa mort, Paul Rosenberg se battra pour récupérer les trésors de la peinture volés par les nazis. Avec succès, même si quelques-uns de ses tableaux se baladent encore dans la nature…  Seul bémol:  j’ai peu aimé la façon dont Anne Sinclair met en scène, même brièvement, son séjour à New York lors de l’affaire DSK. Pas vraiment digne de son grand-père, ça!
Le livre de poche