J’ai lu Fifty Shades of Grey

… ou en français Cinquante nuances de Grey. Et… j’ai été abasourdie par l’exécrable qualité de la langue, sa pauvreté, l’incroyable nunucherie de l’histoire. Si ça m’a donné des idées? Comme je ne fantasme ni sur la soumission, ni sur la fessée ni sur les coups de cravache, non pas vraiment. Et puis on a compris, Christian Grey, est beau, mais est-il bien nécessaire de répéter toutes les trois pages, qu’il sent le frais? N’y a-t-il pas plus érotique comme argument? Bon je sais ce n’est pas érotique, c’est du porno soft. Mais cela justifie-t-il la bêtise? Et cette épouvantable image de la femme que donne le livre? Si vous cherchez des idées et des émotions, lisez plutôt de vrais auteurs de littérature érotique, comme Régine Desforges par exemple. Ou faites vous conseiller. Chez Filigranes, cela fait longtemps qu’il y a un rayon entier consacré au sujet.

Des Japonaises aux Etats-Unis

C’est un petit bijou de poésie et de sensibilité. L’histoire, poignante, de femmes dont certaines, très jeunes, venues aux Etats-Unis épouser des compatriotes déjà installés sur-place. Alors qu’elles croient y mener une vie aisée, elles sont trompées sur toute la ligne. Leur nuit de noces s’apparente à un viol et leur existence est uniquement vouée au travail le plus dur, celui de la terre. L’originalité du récit tient au fait que le sujet est un nous pluriel, évoquant tour à tour toutes ces femmes. L’effet, lancinant, rend encore plus palpable la douleur de ces presque esclaves. Dont la vie s’aggravera encore lors de l’attaque des Etats-Unis par le Japon. Certaines n’avaient jamais vu la mer a remporté le prix Fémina étranger, un prix plus que mérité.