Ouragan

De Laurent Gaudé, toujours, vient de sortir chez Babel, en édition de poche, Ouragan. Sans qu’il ne soit jamais nommé, c’est de l’ouragan Katerina qu’il s’agit et de ses répercussions sur une dizaine de personnages. Tandis que la plupart des habitants fuient La Nouvelle Orléans inondée et dévastée, certains décident de rester. Il y a Joséphine, la vieille « négresse » presque centenaire qui incarne à elle seule la douleur et la fierté des Noirs, Rose et son petit garçon qu’elle ne parvient pas à aimer, Keanu qui décide de rejoindre la ville pour la retrouver, un groupe de prisonniers évadés et un Révérend complètement illuminé. Plutôt que d’observer l’ouragan de haut, Laurent Gaudé s’attache à décrire la part, ô combien humaine, de chacun, alors que les éléments se déchaînent. Pascal parlait hier de poésie pour décrire le style de l’auteur, je lui ajouterais aujourd’hui le terme de chant. Car s’est d’un roman choral qui s’agit, les voix des personnages s’entremêlant, sans que jamais la clarté du propos ne se perde. On est ici face à un des plus beaux rôles de la littérature, celui de donner à voir, à saisir, bien mieux que mille reportage, un fait réel.   
Ouragan, Laurent Gaudé, Babel

Pour seul cortège

Alexandre le Grand s’écroule lors d’un dernier banquet à Babylone. On ne sait pas si c’est à cause du vin qu’il a bu ou des excès d’une vie. Cela signe en tout cas le début de ses derniers instants. Et déjà à ce moment, alors qu’il n’est même pas encore mort,  il y a tous ceux qui pensent à l’après. C’est un roman à plusieurs voix, il y a celle d’Alexandre et également celle d’une jeune femme de sang royal appelée au chevet de l’homme qui a vaincu son père… Amour et fidélité, devoir et ambition, tout se mêle.
Le texte est très musical. Ses mots sont comme des notes délicates, juxtaposées. C’est beau, c’est grand. L’écriture de Laurent Gaudé est faite de pure poésie. Voilà ce que j’appelle un vrai livre, on commence sa lecture  et on est emporté!
Pascal Laurent
N’hésitez pas à vous rendre à la librairie Filigranes à Bruxelles et à demander l’aide de Pascal et de ses collègues. Ils vous conseilleront leurs derniers coups de cœur.

La petite musique de Véronique Olmi

C’est vrai, la critique et les libraires ne sont pas unanimes quant aux nombreux lieux communs contenus dans le dernier roman de Véronique Olmi. Ce qui n’empêche qu’il m’a beaucoup touchée. Nous étions faits pour être heureux raconte l’histoire de Serge, soixantenaire riche, marié à une femme belle et beaucoup plus jeune que lui, père de deux petits enfants. Et pourtant… Notre héros souffre de migraines et surtout de la douloureuse impression de ne pas être à sa place dans sa vie. Il faudra la venue de Suzanne, l’accordeuse de piano, pour qu’il ouvre les vannes de sa douleur et évoque ses blessures d’enfance.
Nous étions faits pour être heureux parle des mensonges sur lesquels se bâtissent une vie, des si qui ôtés permettraient de vraies rencontres entre les êtres. Terminé depuis deux jours sa petite musique entêtante ne cesse de me poursuivre.
Véronique Olmi viendra présenter et dédicacer son livre à la librairie Filigranes, ce mercredi 5 septembre à 18 heures. Ne la manquez pas.