Purge

C’est un de ces livres choc, de ceux dont on ne sort pas indemnes. En plus de l’Histoire trop mal connue de l’Estonie, il raconte le trajet de deux femmes, toutes deux soumises aux hommes par la violence et le viol. Nous sommes en 1992, lors de la chute de l’URSS. La vieille Aliide decouvre une jeune femme dans sa cour. Zara est née a Vladivostok. Elle a rejoint l’Allemagne pour étudier, n’y a trouvé que la prostitution. En fuyant ses souteneurs, elle n’a pensé qu’a la maison d’Allide… Les deux femmes vont s’apprivoiser, reconnaitre l’une chez l’autre la peur et la honte comme traces des violences subies avant de se découvrir reliées par l’Histoire et la famille. L’écriture est belle et fluide, on est immédiatement pris dans les filets du récit, en route vers une magnifique découverte.
Purge, Sofi Oksanen, Le Livre de Poche

Orgueil et prejuges, suite et deception

En adoratrice assumée du chef-d’oeuvre de Jane Austen, Orgueil et Prejugés, je ne pouvais qu’être tentée par cette suite imaginée par P.D. James, une des reines du polar anglais. Six ans ont passé depuis le mariage de Darcy est Elizabeth. Le couple est heureux et a deux beaux enfants, jusqu’a ce qu’a la veille du grand bal qu’ils vont donner a Pemberley, un homme est retrouve assassiné dans le parc du château…
La presse a unanimement salué ce livre… et moi j’ai été très déçue. PD James glisse a merveille sa plume dans le style de Jane Austen, de ce point de vue-la, pas de soucis. Mais a part ca, que d’ennui. On ne trouve rien de la description tres étudiée de la situation sociale profondément injuste des femmes qui constitue un des grands intérêts de Jane Austen. Rien non plus de la tension amoureuse qui rend chacun de ses livres aussi palpitants. Quant a l’intrigue policière, je l’ai trouvée plus que moyenne. Mon conseil: relisez Jane Austen, la vraie et l’unique.
NB1: j’ai lu ce livre en version électronique et c’est plutôt pratique à la plage:pas de sable, ni de crème solaire sur les pages.

Coup de gueule

Comment est-il possible que l’excellente maison d’édition Actes Sud – qui accueille entre autres Paul Auster, Laurent Gaudé, Nancy Huston, sans oublier Stieg Larson et son cultissime Millenium – ait pu publier un livre aussi mal traduit, aussi peu corrigé? Le texte de La Princesse des glaces est si mal torché que ça en gêne la lecture. Comment-est-il possible qu’un polar aussi mou ait pu rencontrer un tel succès? Les voies qui mènent à la réussite sont vraiment complexes! En tout cas la preuve est faite ici qu’il ne suffit pas d’être suédois comme le Stieg Larson susmentionné pour écrire de bons livres. Après un tel préambule, vous voulez un résumé de l’intrigue? Voici. Dans une paisible petite ville de pêcheurs, Erick découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance perdue de vue depuis longtemps. L’enquête qu’elle va mener avec son amoureux policier révèlera de très sombres secrets… Je l’ai lu jusqu’au bout parce que j’avais envie de connaître le dénouement de l’histoire, mais franchement, vous pouvez sans problème vous épargner cette peine.
La princesse des glaces, Camilla Lackberg, Actes Sud et Babel