Regard de père

Ils se rencontrent par un bel été au Pays basque, s’aiment, s’installent ensemble, et très vite parlent enfant. Elle a déjà perdu un nouveau-né dans une presque autre vie, aussi lorsqu’elle est enceinte leur joie est voilée d’angoisse. Jusqu’au drame de la fausse-couche, cruelle, et qu’il leur faut bien affronter.
Dans le roman, le récit de la perte du bébé à naître, alterne avec celui, léger, solaire de la rencontre, et heureusement! Mais ce qui fait vraiment l’originalité de Dieu surfe au Pas basque, c’est le regard masculin porté sur l’histoire. Les angoisses, la tristesse et la tendresse du héros. Et puis le livre sonne tellement vrai qu’on se doute que l’histoire est autobiographique. Et Dieu dans tout ça? C’est lui qui distribue les cartes de la vie!
Harald Cobert, Dieu surfe au Pas basque, Editions Héloïse d’Ormesson

La cinquième femme

Mes copines très littéraires, s’étonnent et. me demandent souvent pourquoi je lis des polars. Non pas bien sûr, parce que j’aime la violence, au contraire je dors souvent mal après leur lecture. Mais plutôt parce que je ne connais rien de mieux pour vous arracher à la vie et aux soucis (et pour le moment j’en ai pas mal) que ces enquêtes policières. Une fois le livre commencé, impossible de le lâcher. Et puis il y a aussi le côté « les pièces de puzzle qui s’emboîtent » qui me fascine. Il faut certainement avoir l’esprit bien structuré pour être capable d’en écrire.
Et la cinquième femme dans tout ça? C’est du bon, du tout bon polar. L’inspecteur Wallander est confronté à 3 meurtres particulièrement cruels . Leur point commun? Leurs victimes sont des hommes violents avec les femmes. Et l’enquête s’annonce dès le départ très complexe, nous emmenant d’abord sur la piste de mercenaires se vendant au plus offrant. C’est cérébral plus que gore (heureusement parce que ça, je déteste!), sur fond de dérive sociale de la Suède. Fait de phrases courtes et répétitives, le style est haletant. Une chose est sûre, c’était le premier livre que je lisais d’Henning Mankel mais pas le dernier!

La septième vague

J’avais adoré Quand souffle le vent du nord, le premier tôme des aventures par mail d’Emmi et Léo. C’est vrai qu’il se clôturait sur le départ de Léo pour Boston et que les deux amoureux virtuels ne finissaient pas ensemble. Mais était-ce bien une raison pour reprendre exactement les mêmes ficelles, qui alors qu’elles m’avaient émues et ravies dans le premier livre m’ont lassées dans le second? Bon, je ne bouderai pas mon plaisir, je l’ai lu jusqu’au bout, et oui, Emmi et Léo finissent enfin ensemble, mais j’en attendais bien plus. En tout cas autant que la très bonne surprise provoquée par Quand souffle le vent du nord.
Heureusement que le polar que je lis en ce moment est vraiment bien, sinon je commencerais à douter de mes choix!
La septième vagure, Daniel Glattauer, Le livre de poche

La chute des géants

Je viens de terminer La chute des géants de Ken Follett et j’ai été… très déçue! J’avais adoré Les Pilliers de la terre et sa suite, et je trouvais très bonne cette idée de faire revivre le 20e siècle à travers plusieurs familles, éparpillées entre l’Europe et les Etats-Unis, et pourtant liées par de multiples liens. Et puis, j’adore les grosses briques dans lesquelles on se plonge pendant des heures, voire des jours. Et pourtant, ici la magie ne prend pas! Le début du 20e siècle, c’est bien sûr la guerre 14-18, mais était-il bien nécessaire d’en raconter tous les préliminaires par le menu et d’interrompre l’action par de multiples développements politiques? J’ai eu l’impression que les personnages et leurs vies n’étaient là que pour rendre plus digeste cette interminable dissertation sur la guerre et finalement n’étaient que des prétextes. La seule qui tire son épingle du jeu, c’est Ethel Williamps, la petite bonne, devenue intendante du château, suffragette, puis députée et qui se bat toute sa vie pour les droits des femmes. Elle seule est faite de chair et de sang, les autres n’apparaissent que comme des silouettes de papier. Bref, n’est pas Tolstoï qui veut!