Un amour exclusif

Vera et Istvan choisissent de se suicider l’un près de l’autre pour ne jamais être séparés. Johanna, leur petite-fille, a 20 ans à l’époque. Marquée par ce geste, elle tente de comprendre. Pourquoi ces deux Juifs hongrois qui ont survécu au nazisme,  ont fui le communisme pour se réfugier au Danemark, ont-ils commis l’irréparable? Le récit alterne la dernière journée du couple et les témoignages recueillis par la jeune femme, auprès de leurs amis. Par bribes minuscules, se dessine l’image d’un couple amoureux, d’une femme extrêmement belle dont l’apparente confiance en elle cache une totale incapacité à vivre seule, sans son homme. Le récit est doux, tendre, mais sans émotion véritable, ce qui lui confère une certaine froideur. Il vaut surtout pour l’itinéraire du couple dans ce 20e siècle  tourmenté qui a provoqué maintes  et maintes déchirures.
Un amour exclusif, Johanna Adorjan, 10/18

Alors la liseuse électronique?

J’ai reçu pour mon anniversaire une tablette Cybook Opus. Cela faisait longtemps que j’en avais envie… et je ne n’ai – presque – pas été déçue. Mettons d’abord les choses au clair: non je n’arrêterai pas d’acheter des livres. Parce que l’offre éléctronique n’est pas encore très variée et que les livres vendus en format éléctroniques sont à peine moins chers que leurs équivalents papier. Et puis la liseuse éléctronique telle qu’elle existe aujourd’hui (en noir et blanc) ne rend vraiment pas hommage au livre d’art par exemple. Pour le moment, je me contente de classiques de la littérature que je télécharge gratuitement, j’en découvre certains, j’en redécouvre d’autres. Ceux-ci sont très faciles à trouver – entre autres sur le Project Guttenberg – se téléchargent en quelques secondes et se transfèrent de l’ordinateur à la  tablette tout aussi rapidement.
Les réels avantages à mes yeux de la liseuses électronique? Sa petite taille, sa légèreté et sa capacité de stockage. Je me déplace en transports en commun, je transporte déjà dans mon (grand) sac à main mon ordinateur portable, y glisser en plus une tablette est beaucoup plus facile qu’un tout gros livre. En plus, celle-ci rentre sans problème dans les tout petits sacs que j’utilise le week-end, et je trouve ça génial. Autre point fort: on peut changer la taille du texte. Le modèle que j’ai choisi n’est pas tactile, je tourne les pages en poussant sur un bouton, mais ça c’est une question de choix.

La lecture est – presque – pareille à celle d’un livre papier. On peut lire en plein soleil puisque l’écran n’est pas rétro-éclairé comme celui d’un iPad par exemple, et c’est important. Je l’utiliserai certainement en vacances, libérant ainsi ma valise de la pile de livres que j’emporte.
Alors pourquoi ne suis-je pas plus enthousiaste? Parce que, toute geekette que je suis, adorant mon smartphone et les produits Apple de toute sorte… eh bien, je trouve que la liseuse, ce n’est pas tout à fait comme un livre! Pourtant, je vous jure, je ne suis pas une nostalgique du papier, mais tenir en mains une mini-tablette au lieu d’un bon gros livre… ça me fait bizarre et je ne pourrais même pas vous dire exactement pourquoi. Je me rends bien compte que c’est une impression subjective, mais après deux semaines d’usage, c’est ainsi que je vois les choses. Conclusion: je pense que son utiilisation restera complémentaire aux livres. Je l’emmène avec moi dans tous les déplacements et pour le reste… je continuerai à acheter des livres!

La deuxième personne

Pour y avoir vécu un an et passé de très nombreuses vacances, je connais bien la réalité israélienne… du côté juif. Ce qui m’a profondément touchée dans ce ivre de Sayed Kashua, c’est qu’il m’a fait appréhender le côté des Arabes israéliens que je ne connaissais pas du tout. Ecartelés entre leur loayté à l’Etat israélien et leur identité de Palestiniens. Désireux, comme les deux héros de La deuxième personne de s’élever socialement.  Une des scènes qui m’a le plus touchée est celle où l’on voit le personnage de l’avocat s’acheter des livres, en lire, tout en sachant qu’il n’aura jamais le même background qu’un avocat juif, qui lui se nourrit de culture occidentale depuis qu’il est petit. Ou encore celle ou un étudiant juif se moque d’un étudiant arabe parce qu’il ne connaît pas les Rolling Stones. Là, la patte de Sayed Kashua est telle que je me suis sentie humiliée avec l’étudiant arabe.
Et l’histoire? C’est celle de deux personnages reliés par ‘une femme, Leila. L’un est un avocat qui a si bien réussi qu’il vit à Jérusalem Ouest. La découverte dans un livre d’occasion d’un billet d’amour adressé  à sa femme par un mystérieux Yonathan le rend complètement fou. L’autre est un travailleur social, qui la nuit sert de garde-malade à Yonathan, transformé en légume…
Ce très beau roman, explorant l’épineuse question de l’identité est écrit de main de maître, bien structuré, et assez mystérieux pour qu’on ait envie de découvrir le fin mot de l’histoire.
La deuxième personne, Sayed Kashua, Editions de l’Olivier

Le polar qui aime les livres

Amateurs de thrillers nerveux, passez votre chemin. Si, par contre, vous ne dédaignez pas les enquêtes qui prennent leur temps et surtout les réflexions sur les livres, restez ici!
A Copenhague, il existe une charmante librairie de livres anciens au nom italien: Libri di Luca. Son propriétaire, Luca Campelli , meurt brutalement… en lisant! Son fils Jon découvre que son père était à la tête d’une société de Lettore qui avaient l’étrange pouvoir d’influencer la lecture des autres, souvent d’une façon merveilleuse mais parfois allant jusqu’à la mort. Jon pense très vite que son père a été assassiné mais pourquoi et par qui? Aidé dans ses recherches par une jolie Lettore rousse, ses tribulations le mèneront jusqu’en Egypte.
J’ai adoré l’idée de départ de ce roman: vous vous imaginez, vous êtes installé dans un bus, vous lisez un roman et tout à coup celui-ci prend vie devant vos yeux ébahis, des images fabuleuses naissent de votre texte, changeant vos opinions ou votre idée de la vie. Voilà un étrange chemin auquel peut nous mener la lecture… D’un point de vue strictement policier, si je puis dire, ce n’est pas le meilleur que j’ai lu, les situations sont parfois par trop rocambolesques. Mais j’ai toutefois passé un très bon moment en le lisant. Une belle idée lecture pour ce weed-end que je vous souhaite excellent.
La librairie des ombres, Mikkel Birkegaard, 10/18