Coup de poing littéraire

C’est le livre le plus terrifiant que j’aie jamais lu. Bien plus qu’un polar ou qu’un thriller gore. Parce que même si c’est un roman, Il faut qu’on parle de Kevin a de criants accents de vérité. Le 8 avril 1999, le JEUDI, comme l’appelle et l’écrit sa mère, Kevin a assassiné de sang-froid, dans son lycée, neuf condisciples, son professeur de lettres et un employé de la cafétéria. Dans des lettres qu’elles envoie au père dont elle est séparée, Eva retrace, avec une précision d’entomologiste, la vie de Kevin, depuis sa naissance jusqu’à son passage à l’acte. Comment devient-on un meurtrier? Kevin a-t-il été influencé par les tueries d’étudiants, fréquentes dans les années 90? Sa mère est-elle coupable de l’avoir mal aimé, est-elle responsable des actes de son fils? Sans toujours trouver de réponses, Eva creuse au plus profond de l’intime. Ce récit à l’écriture fluide et à la construction implacable atteint son paroxysme lors de la fin inattendue et poignante. Un livre coup de poing.
Il faut qu’on parle de Kevin, Lionel Shrive, J’ai Lu

Le club des incorrigibles otpimistes

1961. Champion de baby-foot, fou de rock et de lecture, Michel Marini à 12 ans quand il découvre, caché dans un café de Denfert, un mystérieux club d’échecs. Le point commun de ses membres? Ils ont tous fui les pays de l’Est et leurs dictatures communistes. Entre le jeune garçon pour qui la vie n’est pas toujours rose et Igor, Leonid, Sacha, Tibor et les autres, vont se nouer d’indéfectibles liens d’amitié. Tout l’art de ce roman tient à raconter la vie de Michel, de sa famille et de ses amis d’une part, et d’autre part le destin de ces immigrés ballotés par l’Histoire. Et il en fallait du talent pour nouer tous ces fils et en faire un tout harmonieux. Le résultat est magnifique, ample, poignant, l’écriture extrêmement fluide sert le texte à merveille.  Et c’est à regret que l’on quitte ces héros de papier.
Le club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guenassia, Le Livre de Poche