L’envie

 
Peut-on vivre, et même bien vivre, dans l’absence de désir sexuel? C’est à cette question que répond, avec beaucoup de pudeur, la journaliste française, Sophie Fontanel dans son livre L’Envie.
Un jour, lasse peut-être du sexe sans conscience, son corps malmené a dit non. Non aux caresses vite expédiées, aux relations juste consenties. La vie n’en a pas moins continué à être belle et pleine, si ce n’est que les autres ne l’ont pas entendu de cette oreille. Alors qu’en matière de sexualité, tout est permis comme pouvait-elle, comment osait-elle vivre sans sexe? Sophie répondait que l’imagination lui tenait place d’amant, on lui rétorquait que c’était impossible. On se mit à s’interroger, à lui présenter des amants potentiels, elle fuyait de plus belle…
Sur ce tabou ultime de l’abstinence, Sophie Fontanel a écrit un roman beau et sensible qui touche aux fondements mêmes des relations humaines. 
L’envie, Sophie Fontanel, Robert Laffont

Un jour: du film au livre

C’est assez rare qu’émue ou convaincue par un film, je lise le livre dont il s’inspire, d’habitude c’est plutôt l’inverse. C’est pourtant ce qui s’est passé avec Un jour de David Nicholls. J’ai cédé un soir à l’insistance de ma fille de 12 ans qui voulait absolument voir une comédie romantique au cinéma. Et j’ai été plus que séduite, tellement d’ailleurs que le lendemain, j’ai été m’acheter le roman. Bon d’accord, ce n’est pas de la grande littérature, mais on y trouve quelque chose de plus que les ressorts habituels du genre. L’histoire? Emma et Dexter passent la nuit ensemble à la fin de leurs études et décident de rester amis. Pendant plus de 20 ans, au fil de leur évolution, ils vont se voir, se perdre parfois, se retrouver… L’habileté du récit tient au fait que chaque année est représentée par une date, le 15 juillet, anniversaire de leur rencontre. Voyages, mariages, changements professionnels, c’est ce jour-là que tout arrive. Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est que bien plus que le récit d’une amourette qui pourrait être banale, Un jour est un livre sur le temps qui passe et les occasions manquées. Et qu’en cela il ne peut que nous encourager à profiter de la vie. Et comme en plus, il est très agréable à lire, on ne vas pas se priver…

Eric-Emmanuel Schmitt: l’interview

Voici, comme promis, le lien de la vidéo de présentation par Eric-Emmanuel Schmitt de son dernier livre La femme au miroir (Albin Michel). Il s’agit de http://www.filigranes.tv/tv/

Très ou trop facile, le dernier Eric-Emmanuel Schmitt?

J’ai lu d’une traite La femme au miroir, cette belle histoire centrée autour de trois personnages féminins, unies par un lien secret. Il y a Anne qui vit à Bruges à la Renaissance et qui refuse le mariage.  Au beau Philippe, elle préfère le silence et la communion avec la nature.  Hannah, aristocrate viennoise a, elle,  20 ans au début du 20e siècle. Refusant le rôle que lui octroie la société, elle ne parvient pas à avoir d’enfant et pour cela, entame une cure psychanalytique.  Enfin Anny, actrice brillante, vit à Los Angeles aujourd’hui. Parce qu’elle ne s’aime pas, elle détruit son corps dans une vie très sex, drugs et rock and roll. Toutes trois sont à la croisée des chemins.  L’histoire est bien construite, intéressante, mais je ne l’ai pas trouvée assez aboutie. Les personnages ne sont qu’effleurés, n’ont pas assez de profondeur. L’auteur n’évite pas les clichés. Ce livre m’a fait passer un bon moment de détente mais sans aller plus loin.
Venu présenter son livre à la librairie Filigranes le 2 septembre, Eric-Emmanuel Schmitt en a longuement expliqué les dessous.  Je vous communiquerai  le lien de l’interview dès qu’elle sera en ligne.
Eric-Emmanuel Schmitt, La femme au miroir, Albin Michel

Le numérique = l’apocalypse??

Depuis toujours, je préfère le Beigbeder critique (Qui se souvient de ses papiers en dernière page du magazine Voici?) au romancier. Et son dernier livre n’échappe pas à la règle. Dans sa préface, il voue aux gémonies le livre numérique, accusé de la disparition quasi certaine du roman. Et quels sont les ouvrages que l’auteur veut absolument conserver, face à ce danger? 100 livres. 100 livres qu’il va présenter, critiquer, pour lesquels il va donner les raisons de son amour. Où l’on retrouve autant Paludes d’André Gide qu’Hygiène de l’assassin d’Amélie Nothomb. Chéri de Colette, que Les Bienveillantes de Jonathan Littel… Reprenant le format qu’il avait déjà utilisé dans Dernier inventaire avant liquidation (2001), soit des textes courts, souvent enthousiastes, parfois féroces, mais toujours clairvoyants, l’écrivain dresse un panorama de livres indispensables du 20e siècle. Qu’on peut lire sans aucun risque de se tromper. Bref du Beigbeder comme je l’aime même si je ne suis pas d’accord avec son intro. Le numérique, moi je trouve ça bien pratique!
Premier bilan après l’apocalypse, Frédéric Beigbeder, Grasset