Le dîner

C’est à un étrange dîner que nous convie l’écrivain néerlandais Herman Koch. Celui de deux frères et de leurs épouses. Le premier est candidat au poste de Premier ministre, pratiquement sûr de sa victoire, le second professeur d’histoire mis au repos forcé. Si au départ, l’atmosphère est plutôt légère et le ton à la drôlerie, au fur et à mesure, les choses se corsent. C’est qu’entre le dîner et le dessert, les deux couples doivent parler de leur enfant respectif. Qui sont tous deux sont coupables de la mort d’une sans-abri. La police possède un enregristrement vidéo de leur acte mais il est impossible de les y reconnaître. Comment vont réagir les parents? Au lieu de les aider à se dénoncer, ils vont tout faire pour les protéger, ne voulant pas gâcher leur vie. Grâce à sa forme – nombreux dialogues, quasi une pièce de théâtre en fait – le roman se lit très vite. Mais cette démonstration d’une totale amoralité, d’un cynisme éhonté, même s’il fait penser à celui de notre société, m’a fait froid dans le dos.