Françoise

C’est une femme que j’ai toujours admirée. Pour ses articles engagés dans la cause des femmes au magazine Elle. Pour son travail à l’Express qu’elle a créé avec Jean-Jacques Servan-Shreiber et où elle a incarné le journalisme moderne. Et pour ses chroniques au Nouvel Observateur dont j’appréciais la finesse, son livre sur Alma Mahler et ses Journaux… La très bonne biographie que lui consacre aujourd’hui Laure Adler est aussi vivante, aussi passionnante que son sujet. Pourtant, ce qu’elle dévoile et qui était inconnu du grand public, je crois que j’aurais préféré l’ignorer. Parce que ce sont les zones d’ombre du personnage dont il est question ici.    Son judaïsme refoulé, les lettres antisémites qu’elle envoie à Jean-Jacques Servan Shreiber lorsqu’il la quitte pour une autre. Tout cela égratigne la statue et en montre la face sombre, tristement humaine. Sans rien enlever, bien sûr,  au talent de Françoise Giroud.
Françoise, Laure Adler, Grasset